17 décembre 2025

Lors d’une plénière organisée jeudi 13 novembre au Palais du Peuple, à Kinshasa, le député Aimé Boji Sangara a été élu président de l’Assemblée nationale, par un vote massif. Sur 423 députés, il a recueilli 413 voix, avec 10 bulletins nuls. Cette élection lui confère une légitimité forte, en accord avec l’article 28, alinéa premier du règlement intérieur de l’institution.

Succession après un départ marquant
Aimé Boji, élu de Walungu (Sud-Kivu), succède à Vital Kamerhe, qui avait démissionné de son poste de président de l’Assemblée nationale. Fidèle homme politique de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), Boji a récemment quitté le gouvernement (où il occupait le poste de ministre d’État à l’Industrie) pour revenir à l’Assemblée nationale, préparant ainsi sa candidature.

Dans son discours d’investiture, Boji a promis une rupture dans la gouvernance parlementaire. Il veut recentrer l’action de l’Assemblée sur le rôle du député, renforcer le contrôle des politiques publiques, assurer un traitement équitable entre majorité et opposition, et encourager un dialogue apaisé au sein de la Chambre.

Clotilde Mutita Kalunga, rapporteur adjoint élue

Lors de la même plénière, la députée Clotilde Mutita Kalunga, issue du parti d’opposition Ensemble pour la République, a été élue rapporteur adjoint de l’Assemblée nationale. Elle a obtenu 389 voix sur 424 votants, avec 35 bulletins nuls, conformément aux prescriptions du règlement intérieur de la Chambre.

Candidate unique à ce poste pour l’opposition, Mutita succède ainsi à Dominique Munongo, ancienne détentrice du poste, qui avait démissionné suite à une motion de défiance parlementaire.

Enjeux et perspectives

L’installation du nouveau bureau de l’Assemblée nationale intervient dans un contexte de recomposition politique à Kinshasa. Avec Boji à sa tête, l’institution pourrait jouer un rôle central dans la consolidation de la stabilité institutionnelle en RDC. Le président nouvellement élu a insisté sur la nécessité de donner la parole à toutes les provinces, de promouvoir l’unité nationale et de garantir la représentativité de chaque élu.

De son côté, Clotilde Mutita, enseignante et figure de l’opposition, devient un maillon important du bureau, offrant une voix féminine et engagée à la direction parlementaire. Sa nomination peut également être interprétée comme un signe de volonté d’ouverture vers l’opposition et la diversité d’opinion