14 décembre 2025

Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba, a vivement réagi ce lundi 26 mai 2024 aux accusations de détournement de fonds publics portées contre lui par le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde. Lors d’un rassemblement tenu au Palais de justice à Kinshasa devant des cadres et agents de son ministère, il a dénoncé une enquête partiale et mis en cause l’intégrité du procureur.

Cinq jours après la création par l’Assemblée nationale d’une commission spéciale chargée d’examiner les allégations de détournement de 39 millions USD alloués à la construction de la prison centrale de Kisangani, Mutamba s’est défendu vigoureusement, évoquant un « complot politique » visant à nuire à sa réputation.

« Je ne crains pas la prison. Je suis prêt. Ils ont dit que j’avais fui par la Tanzanie. Dites-leur que je suis ici pour les affronter », a-t-il affirmé devant une foule acquise à sa cause.

Dans une attaque frontale contre le procureur général, le ministre de la Justice a mis en doute la légitimité de l’enquête menée contre lui, accusant Mvonde d’enrichissement suspect. Selon Mutamba, ce dernier ferait lui-même l’objet d’investigations sur l’origine de ses biens, ce qui constituerait un conflit d’intérêts majeur.

« Quelqu’un qui est sous enquête ne peut pas en initier une contre le ministre de la Justice. C’est une faute grave », a-t-il martelé, annonçant avoir instruit ses collaborateurs de ne pas répondre aux convocations émanant du parquet de la Cour de cassation.

Le réquisitoire de Firmin Mvonde accuse Constant Mutamba d’avoir ordonné, sans respecter les procédures légales de passation des marchés publics, le transfert de 19 millions USD du Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) vers le compte de Zion Construction Sarl, une entreprise récemment créée et bénéficiaire du marché de gré à gré pour la construction de la prison.

Tandis que l’Assemblée nationale poursuit ses investigations, le bras de fer entre le ministre et le procureur général promet de secouer davantage la sphère judiciaire et politique congolaise.