6 juillet 2026

À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a livré, ce mardi 30 juin 2026, un discours largement consacré à la situation sécuritaire dans l’Est du pays, aux efforts diplomatiques en cours et à la défense de la souveraineté nationale. Face aux défis persistants, le chef de l’État a affiché une position de fermeté, estimant que les différentes initiatives de paix ne pourront être jugées qu’à l’aune de leurs résultats sur le terrain.

Évoquant les accords de Washington, les discussions de Doha ainsi que les engagements pris à Montreux, Félix Tshisekedi a rappelé que ces processus ne sauraient constituer une fin en soi. « Les accords de Washington, les discussions de Doha et les engagements de Montreux n’ont de sens que s’ils produisent des résultats concrets, vérifiables et irréversibles : le silence des armes, la fin de tout soutien aux groupes armés, le retrait effectif des forces étrangères non invitées, le désarmement des combattants, le retour digne et sécurisé des déplacés, la protection des civils, la restauration de l’autorité de l’État, la justice pour les victimes et des garanties crédibles de non-répétition », a-t-il déclaré devant la Nation.

Tout en réaffirmant l’engagement de la République démocratique du Congo en faveur du dialogue, le président a toutefois insisté sur les limites que son gouvernement n’entend pas franchir. « La paix ne peut être ni une mise entre parenthèses de la vérité, ni une récompense accordée à ceux qui prennent les armes contre la République, encore moins un compromis sur notre souveraineté ou notre intégrité territoriale », a-t-il martelé. Selon lui, la paix recherchée doit être « juste », fondée sur le respect des frontières, la restauration de l’autorité de l’État, la lutte contre l’impunité et la transformation des ressources naturelles en moteurs de développement plutôt qu’en facteurs de conflits.

Le chef de l’État a également eu une pensée particulière pour les populations des provinces touchées par l’insécurité, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Tanganyika et le Maniema. « À chacun d’entre eux, je veux redire au nom de la Nation tout entière : vous n’êtes pas oubliés. Votre douleur est celle de toute la République et votre sécurité demeure une priorité absolue de mon action », a-t-il assuré. Dans le même élan, il a rendu un hommage appuyé aux Forces armées de la RDC, à la Police nationale, aux services de sécurité ainsi qu’aux résistants Wazalendo engagés dans le cadre légal de la défense du territoire.

Au-delà de la sécurité, Félix Tshisekedi a réaffirmé sa vision d’une RDC appelée à devenir un acteur majeur sur la scène internationale. Remerciant les partenaires internationaux, notamment les États-Unis, le Qatar, l’Union africaine et l’Union européenne, il a déclaré que le pays ne devait plus être perçu comme « un pays que l’on convoite, que l’on pille ou que l’on déstabilise », mais comme « un pilier de paix, de croissance, de transition énergétique, de stabilité régionale et de prospérité partagée en Afrique et dans le monde ». Dans cette perspective, il a annoncé qu’il présidera le mois prochain une réunion de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée aux liens entre ressources naturelles, paix, sécurité et développement durable.

À travers cette adresse à la Nation, le président Tshisekedi a voulu afficher une ligne politique claire : poursuivre les efforts diplomatiques tout en refusant toute concession sur l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Un message qui intervient alors que les négociations régionales se poursuivent et que les attentes de la population restent fortes quant au retour d’une paix durable dans l’Est du pays.

Jolga Luvundisakio