18 janvier 2026

MSF alerte sur le nombre alarmant de victimes de violences sexuelles dans les sites de déplacés autour de Goma. Durant la période du 17 au 30 avril 2023, soit en à peine deux semaines, plus de 670 victimes de violences sexuelles ont été prises en charge par ses équipes dans les sites de déplacés autour de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu.

“Cela représente 48 nouvelles victimes par jour. Ces chiffres choquants témoignent de l’extrême vulnérabilité et des risques de violences auxquels sont exposées les personnes déplacées. Près de 60% des victimes ont été agressées moins de 72 heures avant de se présenter à MSF, illustrant l’urgence de la situation.” décrit MSF

Photo MSF

Selon toujours les MSF, les affrontements entre l’armée congolaise, le M23, et les nombreux groupes armés établis au Nord-Kivu ont poussé plus d’un million de personnes à fuir leur foyer depuis mars 2022. Parmi elles, plus de 600 000 ont trouvé refuge dans des camps, souvent surpeuplés et insalubres, aux abords de la ville.

“Cela fait une moyenne de 48 nouvelles victimes de violences sexuelles par jour prises en charge par nos équipes sur les sites de déplacés », s’alarme Jason Rizzo, coordinateur d’urgences pour MSF au Nord-Kivu. “Depuis des mois, nos équipes soignent un nombre élevé de cas mais cela n’avait jamais atteint l’ampleur catastrophique de ces dernières semaines. Près de 60% des victimes se présentent dans les 72 heures suivant leur agression; ce qui montre l’urgence médicale et humanitaire à laquelle nous faisons face.” A-t-il fait savoir

La quasi-totalité des victimes prises en charge par MSF sont des femmes et la majorité d’entre elles mentionnent avoir été agressées lors de leurs déplacements hors des sites de déplacés, à la recherche de bois de chauffage et de nourriture. À Rusayo, Bulengo et Kanyaruchinya, plus de la moitié des victimes ont également rapporté aux équipes MSF avoir été agressées par des hommes armés.

Rappelons que, c’est depuis mai 2022 que les équipes de MSF travaillent dans les sites de déplacés autour de Goma, assurant des soins médicaux gratuits, fournissant de l’eau potable et construisant des latrines et des douches selon les besoins les plus urgents. MSF a également répondu aux épidémies de cholera et de rougeole qui ont touché certains comps, à travers la prise en charge des cas et l’organisation de campagnes de vaccination.

Jolga Luvundisakio