L’accord de paix signé à Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda continue de susciter une vague de réactions à travers le monde. Chefs d’État, médiateurs africains, responsables régionaux et acteurs politiques saluent unanimement une avancée jugée décisive pour la stabilité de l’Afrique centrale, tout en appelant à une mise en œuvre rigoureuse des engagements pris par les deux pays.
Le président français Emmanuel Macron a été l’un des premiers dirigeants à réagir, exprimant son « salut » à la signature de l’accord et félicitant « l’engagement des parties » ainsi que les efforts diplomatiques des États-Unis, du Qatar et du Togo, médiateur de l’Union africaine. Il a insisté sur la nécessité d’un respect strict des engagements afin de garantir « une paix durable pour les populations de l’Est de la RDC et des Grands Lacs ». Rappelant la conférence internationale organisée à Paris le 30 octobre, le chef de l’État a réaffirmé que la France restera engagée pour accompagner ce nouvel élan diplomatique.
Le président du conseil togolais Faure Gnassingbé, mandaté par l’Union africaine comme médiateur régional, a également salué ce moment historique. Présent à Washington lors de la cérémonie, il a souligné que cette signature s’inscrit dans la mission que lui a confiée l’organisation panafricaine afin d’encourager une solution africaine durable aux tensions dans l’Est de la RDC. À ses yeux, l’accord constitue « une étape importante dans les efforts de stabilisation de la région des Grands Lacs, de restauration de la confiance et de création d’un environnement propice au développement et à l’investissement ».
Le président burundais Évariste Ndayishimiye, également témoin de la signature, a adopté un ton plus ferme en rappelant la responsabilité des deux signataires dans la suite du processus. « Il y a un temps pour tout », a-t-il déclaré, affirmant que l’accord de Washington « va rendre espoir aux peuples congolais et à ceux de la sous-région ». Mais il a martelé un message central : « S’engager c’est bien, mais respecter c’est autre chose », appelant implicitement à une vigilance régionale sur l’application concrète du texte.
Plusieurs dirigeants africains étaient présents comme témoins, dont les présidents angolais Joâo Lourenço, burundais Évariste Ndayishimiye, la vice-présidente ougandaise Jessica Alupo, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, ou encore l’ex-président kenyan Uhuru Kenyatta. Leur présence a été interprétée comme un signal fort : celui d’une mobilisation continentale rare en faveur de la paix entre Kinshasa et Kigali.
Du côté congolais, les réactions politiques soulignent la portée historique et la profondeur stratégique de l’accord. Le député national Vital Kamerhe a salué un texte qui « couronne l’intense action diplomatique menée par le président Félix-Antoine Tshisekedi » dans sa volonté de restaurer une paix durable à l’est du pays. Pour lui, cet accord représente un « tournant décisif » capable non seulement de faire taire les armes, mais aussi d’ouvrir la voie à « une prospérité véritablement partagée ». Il a insisté sur la « bonne foi » déjà démontrée par la RDC et s’est dit convaincu que les parties sauront saisir cette « opportunité historique » afin de libérer les populations particulièrement les femmes et les jeunes de la peur et de l’insécurité.
L’ensemble de ces réactions souligne une même ligne directrice : l’accord de Washington est largement perçu comme une occasion unique de transformer durablement la région des Grands Lacs. Mais son succès dépendra désormais de la capacité des signataires à respecter leurs engagements, dans un contexte où la communauté internationale et africaine s’engage à accompagner, mais aussi à observer, la mise en œuvre effective de ce nouveau cadre de paix et d’intégration.
Jolga Luvundisakio
