8 décembre 2025

Plusieurs communes de la capitale, dont Limete, Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri, Bumbu et Makala, sont privées de courant depuis près d’une semaine. Une situation intenable qui suscite inquiétude, colère et exaspération parmi les habitants.

Depuis désormais plus de six jours, une vaste partie de Kinshasa est plongée dans l’obscurité. Limete, l’une des communes les plus centrales de la ville, est enveloppée chaque nuit dans un noir absolu boulevards, artères principales et zones résidentielles confondus. Le constat est tout aussi alarmant dans les communes de Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri, Bumbu et Makala, où les coupures d’électricité paralysent le quotidien des habitants.

À Kasa-Vubu, la situation devient insoutenable. Les populations dénoncent des pratiques abusives, notamment la hausse vertigineuse des tarifs pour de simples services de recharge de téléphones, désormais facturés jusqu’à 1 500 francs congolais. Un coût exorbitant dans un contexte économique déjà difficile.

À Makala, l’incompréhension est totale : bien que les ménages soient dotés de cartes prépayées, censées leur garantir un accès régulier à l’énergie, le courant n’a toujours pas été rétabli. Pour beaucoup, cela constitue une double peine payer pour un service qui n’est tout simplement pas rendu.

Outre les désagréments domestiques, cette panne prolongée alimente une peur plus profonde : celle de l’insécurité. En l’absence d’éclairage public et privé, la criminalité urbaine trouve un terrain favorable. Les habitants redoutent les agressions, les cambriolages et les actes de violence, qui ont déjà augmenté ces derniers mois dans plusieurs zones de la ville. Dormir dans le noir, chaque soir, devient une épreuve anxiogène, notamment pour les familles avec enfants et les personnes âgées. Certaines personnes évitent même de sortir dès la tombée de la nuit, modifiant profondément leur mode de vie.

Face à cette crise énergétique persistante, les autorités compétentes – tant au niveau de la SNEL (Société Nationale d’Électricité) que du gouvernement – brillent par leur silence, laissant la population dans une totale incertitude. Aucun communiqué, aucune explication technique, aucun plan d’urgence n’ont été annoncés, suscitant un sentiment d’abandon et de mépris institutionnel.

De nombreuses voix s’élèvent pour demander non seulement un rétablissement rapide du service, mais également une communication claire, honnête et responsable sur les causes réelles de cette panne généralisée et sur les mesures prises pour y remédier.

Les Kinois, excédés, exigent des réponses. La crise actuelle dépasse le simple désagrément domestique : elle révèle un malaise structurel profond, un déficit de gouvernance, et une rupture de confiance entre les citoyens et ceux qui sont censés les servir. Dans une capitale de plus de 15 millions d’habitants, en constante expansion, l’accès à l’électricité ne peut être traité comme une variable secondaire. Il est urgent que les autorités sortent de leur mutisme, engagent un dialogue avec la population, et posent des actions concrètes pour restaurer l’ordre, la sécurité et la dignité.

Jolga Luvundisakio