8 ans se sont écoulés depuis que l’artiste musicien et acteur congolais, Jules SHUNGU WEMBADIO dit « Papa Wemba » a tiré sa révérence et chaque année, les congolais tentent de se souvenir de celui qui a marqué l’histoire de toute une génération et même d’un quartier, Matonge. C’est d’ailleurs dans cette localité que l’artiste a forgé une grande partie de sa vie et de sa carrière. Il y a même fondé un village virtuel appelé « MOLOKAI », acronyme réunissant les noms de 5 avenues attenantes à savoir Masimanimba, Oshwe, Lokolama, Kanda Kanda et Inzia.
Côté célébration, on note au fil des années des avancées positives et des actions concrètes de l’Etat congolais envers ce digne fils : rachat de sa résidence par l’Etat pour en faire un lieu touristique ou encore inauguration en novembre 2023 d’une statue de l’artiste au croisement des avenues du Stade et Oshwe à Matonge dans la Commune de Kalamu.
Mais ce qui choque, c’est la manière dont s’y prend la municipalité de Kalamu pour rendre hommage à ce grand artiste. Depuis 7 ans, la seule organisation digne dont les habitants ont le droit : c’est une célébration religieuse. Pour le reste, c’est une kermesse de près de deux semaines qui est organisée en pleine rue sous le label « Festival Papa Wemba ».
Et c’est juste de remarquer que cette célébration n’a rien de culturelle et ne ressemble pas moins à une commémoration tant la musique des concerts ou des DJ invités à l’occasion, l’alcool et la nourriture sont mis en avant-plan.
Pire encore, la municipalité qui réunit ces milliers de personnes en pleine rue ne prévoit aucune toilette publique. Les besoins les plus urgents se font dans les coins de rues ou encore devant les parcelles des riverains. Les populations du coin et surtout les enfants vivent une période difficile tant les nuits sont agrémentées de forte musique jusqu’aux petites heures du matin.
Au-delà de tout, ce sont les embouteillages que cette organisation ramène tant les artères de ce quartier sont bloquées. On le sait, Matonge dispose de plusieurs axes asphaltés qui permettent une évacuation vers des communes environnantes. Et depuis mardi soir, ce sont des embouteillages monstres qui se dressent sur les rares avenues encore ouvertes de ce quartier.
Florent Katumba
