Dans la commune de Makala, précisément sur l’avenue Elengesa, entre le pont Ngunza et le marché Makala, une bande de militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) fait régner un climat de peur en s’attaquant violemment aux jeunes garçons du quartier, sans justification apparente.
D’après plusieurs témoignages concordants recueillis sur place, ces militaires, parfois en tenue, parfois en civil, procèdent à des arrestations arbitraires sans mandat ni procédure légale. Jeunes piétons, passagers sur motos, couples en promenade – personne n’est épargné. Ils n’hésitent pas à faire descendre les passagers des tricycles et motos pour les soumettre à des interrogatoires musclés ou à des détentions abusives.
« Nous vivons dans la terreur. Ces six militaires qui rôdent dans le quartier n’ont aucun respect pour la loi. Ils arrêtent les jeunes garçons sans raison valable. J’ai vu un adolescent d’environ 17 ans en larmes après avoir été brutalisé par ces hommes. C’était inhumain », raconte un habitant, visiblement choqué.
La situation devient de plus en plus alarmante. Des coups de feu sont régulièrement entendus à la tombée de la nuit, plongeant les familles dans l’angoisse. Pourtant, malgré la présence de quelques postes de police dans les alentours, aucune intervention des forces de l’ordre n’a été constatée pour mettre fin à ces exactions.
L’origine de ces militaires reste floue, ce qui accentue la peur et la méfiance des résidents, qui ne savent plus vers qui se tourner pour demander protection.
Face à cette insécurité grandissante, la population de Makala appelle le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, ainsi que le commissaire provincial de la Police, Israël Kantu Bakulu, à prendre des mesures urgentes pour rétablir l’ordre et protéger les citoyens avant qu’un drame irréparable ne survienne.
Jolga Luvundisakio
