« Après la pluie vient le beau temps », dit-on. C’est-à-dire que la joie succède souvent à la tristesse. Mais, vu de la mégalopole Kinshasa, avec ses plus de 15 millions d’habitants, le constat est très amer pour la seule ville de la RDC ayant le statut de province.
Après la spirale des braquages meurtriers, il y a quelque temps, l’on assiste, impuissant, à une série en cascade d’incendies, avec, au passage, des morts, des blessés et d’importants dégâts matériels. Ces incendies ont désormais la cote et sont en pole position, tel un coureur occupant la première place sur la grille de départ d’une course automobile.
Pas de « panacée », tel un remède à tous les problèmes liés au feu ardent, jusqu’ici, encore moins de « thérapie de choc » face à ce déferlement de flammes, dont l’un des épisodes les plus marquants a été l’incendie de la salle « Panacée », située dans la commune de Lingwala, sur le boulevard Triomphal, qui a fait officiellement 12 morts, selon les autorités politiques.
Bien au contraire, les jours se suivent et se ressemblent dans l’ex-Léopoldville. Vu d’ici, l’on revisite alors l’ouvrage « Kinshasa, d’un quartier à un autre », du professeur Mfumu Nzanza, non pas pour passer en revue l’histoire de cette grande agglomération, mais pour évoquer les différentes colonnes de feu qui ravagent cette ville « chevillée à la religion » et qui ressemblent parfois à une descente du Saint-Esprit sur les apôtres. Pentecôte, quand tu nous tiens !
Salles de fête, écoles, appartements, maisons, d’un quartier à un autre et d’une commune à une autre, sont à la merci de ce feu dévorant. Lingwala, Kinshasa, Barumbu, Kintambo et bien d’autres communes ont été en proie à ces sinistres, sans que leurs causes profondes soient, jusqu’ici, clairement établies, sur fond d’enquêtes.
Entre courts-circuits, mauvaises installations électriques ou origine criminelle, le tâtonnement ressemble à un brasier en termes de « Questions pour un champion », la célèbre émission de Julien Lepers, puis de son successeur Samuel Étienne. Loin s’en faut, mais plutôt « Questions pour un lampion », l’idéal étant d’éclairer la lanterne de l’opinion publique.
« On ne baisse pas la température du corps humain en cassant le thermomètre. » Pour tenter tant soit peu d’éteindre le feu, le député provincial et élu de la commune de Bandalungwa, « tout feu, tout flamme », Jared Phanzu, a proposé un édit au bureau de l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK).
Un éclairage sur cette situation dramatique des incendies, afin de se projeter vers la prévention et le renforcement de la sécurité incendie dans les établissements pouvant recevoir du public dans la capitale.
Ce, non pas pour mettre « de l’huile sur le feu », mais pour renforcer le cadre réglementaire applicable face à ce genre de situations tragiques et dramatiques.
Selon Jared Phanzu, il faudrait passer d’une logique de réaction à une véritable politique de prévention. « Mieux vaut prévenir que guérir », dit-on.
Il s’agit notamment de doter Kinshasa de moyens de première intervention, de renforcer le contrôle des établissements et d’appliquer des mesures de sanction. La responsabilité consiste à prévenir avant le drame, à protéger les vies et les biens, mais surtout à faire respecter les règles.
Somme toute, les tenanciers des différentes structures pouvant accueillir du public doivent redoubler de vigilance, veiller au grain en ce qui concerne les installations électriques en amont et disposer de la capacité nécessaire pour réagir en aval en cas de problème.
Quant aux autorités administratives de Kinshasa, elles doivent se montrer strictes concernant l’octroi des autorisations et permis, ainsi que dans le contrôle de la gestion technique et sécuritaire de toute structure accueillant du public.
Le plus important est d’éviter que cette avalanche d’incendies ne déploie ses tentacules à Kinshasa et ne rivalise avec les braquages d’un « certain temps » et d’un « temps certain ».
Vivement un véritable « feu d’artifice » de solutions, pour que la joie règne dans la province chère à Daniel Bumba, loin de toute « fosse au feu », pour ne pas dire « fosse aux lions », et loin de toute prophétie des hommes de Dieu congolais.
Que les questions soulevées par cette recrudescence des incendies trouvent des solutions idoines. Il faudrait en « faire feu de tout bois », en d’autres termes, utiliser tous les moyens possibles pour réussir, tel un « but na filet », comme disent les Kinois, et loin de tous les bruits des réseaux sociaux.
Fiat lux ! Que la lumière soit !
Nesta KGB
