20 janvier 2026

Kinshasa, Ngaliema – La maison de l’ancien président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Godé Mpoy, située sur l’Allée Verte dans le quartier résidentiel de Jolie-Parc, a été démolie dans des circonstances qu’il qualifie de “revanchardes et illégales”. Très remonté, il s’en remet au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, appelant à une intervention pour faire cesser ce qu’il nomme un “banditisme d’État”.

Godé Mpoy accuse certains dirigeants provinciaux d’avoir orchestré cette démolition par esprit de vengeance, en représailles à son engagement contre les détournements de fonds publics. Il affirme que sa maison se trouvait sur une parcelle légalement cadastrée depuis 1960, bien avant l’indépendance, dans un lotissement reconnu par les services de l’Urbanisme.

L’ancien président de l’Assemblée provinciale dénonce un ciblage sélectif. Selon lui, plusieurs constructions illégales persistent dans le quartier sans être inquiétées, certaines bénéficiant même de la protection de hauts responsables. “Pourquoi moi ? Pourquoi ma maison, qui est sur un terrain régulièrement acquis, alors que d’autres, manifestement illégales, sont laissées intactes ?”, s’interroge-t-il.

Face à ce qu’il perçoit comme une dérive grave de l’autorité provinciale, Godé Mpoy lance un appel direct au président Tshisekedi. Il l’exhorte à intervenir pour faire respecter les droits de propriété des citoyens, mettre fin aux abus, et restaurer la confiance dans les institutions. Il estime que cette opération, “la première de ce genre sans base légale claire”, s’est faite sans arrêté du ministre de l’Urbanisme ni du gouverneur de la ville.

Il va plus loin en sollicitant l’appui des ambassadeurs, en particulier celui des États-Unis, et des ONG de défense des droits humains. À ses yeux, de telles pratiques ternissent l’image de la RDC dans un contexte où le pays cherche à attirer des investissements et à renforcer ses partenariats stratégiques.

Godé Mpoy rappelle que la zaïrianisation et les expropriations arbitraires ont, dans le passé, nui au climat des affaires en RDC et contribué à des tensions sociales et politiques. “Ces violations des droits de propriété ont été parmi les causes profondes de nos crises. Voulons-nous vraiment reproduire les mêmes erreurs ?”, prévient-il.

Enfin, l’ancien député provincial exprime sa conviction que le président Tshisekedi n’a pas été informé de cette “barbarie”, qui selon lui, va à l’encontre de la vision du Chef de l’État pour un État de droit. Il l’invite à réaffirmer son autorité et à faire en sorte que justice soit rendue.

Il faut noter que l’Hôtel de ville de Kinshasa a récemment lancé l’opération de démolition des constructions jugées anarchiques érigées le long des lits majeurs et mineurs des rivières de la capitale, dans le but de faire face aux inondations répétées.