16 février 2026

Crédit Photo : Nathanaël Milambo

La session ordinaire de l’ Examen d’État ( Exetat) 2025 a tiré ses rideaux, ce jeudi 31 juillet sur l’ensemble du territoire national avec les cours de langues à savoir le français et l’anglais. Cependant à Kinshasa, l’accoutrement et le comportement affichés par certains finalistes pendant la session ordinaire avec son paroxysme à la clôture, laissent à désirer voire heurtent les bonnes moeurs, avec mention “distinction ” pour des filles: regard pour séduire, jupes extrêmement courtes, des collants résilles ( tissu à la manière d’un filet) s’inspirant des danseuses de “la team Wata”, orchestre de l’artiste musicien, Héritier Kabeya dit ” Wata” dans le clip ” Zala” où la danse obscène Magoda renvoyant aux rapports sexuels est mise en exergue ; Pas que ça des mèches extravagantes , comme si cela ne suffisait pas gilets et bandeaux oranges, sur fond de cris et danses estampillés ” dépravation des mœurs”. Tel est le cas dans la commune de Bandalugwa, à un jet de pierre du centre de l’Institut Ango Ango où des scènes qui s’apparentent aux pom-pom girls ont été au rendez-vous, comme si c’était lors d’un match de basket ball du championnat américain ou un autre événement sportif, culturel de haute portée.

La définition en compréhension de cette avalanche de postures des Bleu et Blanc n’est rien d’autre que: indécence avec I majuscule dans notre diagramme de Venn.

C’est officiel, des pom-pom girls ont désormais des rivales sous les tropiques précisément en RDC, avec en vitrine Kinshasa non pas dans le landerneau sportif mais dans le paysage éducatif.
Exetat 2025 oblige, il y a overdose en ce qui concerne l’accoutrement. C’est pratiquement un séisme d’une forte magnitude sur l’échelle de Richter du système éducatif au pays du ministre honoraire de l’Éducation Nationale, le très rigoureux Kutumisa Kyota, d’heureuse mémoire.

À la clôture de cette épreuve nationale sanctionnant la fin du cycle secondaire, dans une légion de coins de la capitale, des élèves du 6è secondaire se sont livrés au spectacle mieux au scandale : garçons d’un côté et filles de l’autre avec la médaille d’or de l’indécence. Au pays de Fatshi béton, l’on reconnaît le moine par son habit, exception quand tu nous tiens!

Crédit Photo : Nathanaël Milambo
Un appel à la conscience 

Marie-Aurore Aleko Banda , élève en Coupe et Couture au Lycée technique Omisalisa de Bandalugwa choquée de voir des filles et garçons se comporter de la sorte invitent la jeunesse à prendre conscience de leur avenir.

“Dans mon centre, il y avait un laxisme s’agissant de l’habillement. Des élèves avec des jupes très courtes, des mèches. Ça a tapé à l’oeil. J’ai vu des finalistes avec des gilets, bandeaux et lacets oranges, c’est très vulgaire. Il y a avait plusieurs qui ont fait des tapages juste devant et aux environs du centre de passation d’examen.Ils criaient, dansaient, d’ailleurs certains se sont permis de distiller des insanités à qui veut l’entendre et couraient ça et là, l’on croirait des Kuluna. C’était décevant de voir ce genre de comportement.
Cette frange de la jeunesse part en vrille. Peu sont ces jeunes qui réfléchissent sur leur futur et encore moins à un bon futur. Vivement la conscience de tous “, a-t-elle dénoncé.

     La sérénité rime avec réussite 

Cette future récipiendaire de l’Ina a les pieds sur terre et reste très positive pour sa réussite et souhaite obtenir au moins 75 % lors de la publication des résultats.

” C’est une fin en beauté pour moi, en plus j’aime énormément les langues et je m’en suis bien sortie. L’ examen s’est vraiment bien passé, j’ai su surmonter le stress. Le français tournait autour de la mode étant donné que je fais la Coupe et Couture, sur les expressions françaises, la grammaire et un peu de conjugaison.
Parmi les questions que j’ai retenues: que signifie l’expression brebis galeuses; désigner un mot qui définit l’expression “beauté parfaite” pour ne citer que celles-ci. Je suis sûre à cent pourcent parce que dès le début j’ai bossé, j’ai travaillé dur. Je crois en mes potentialités. J’espère obtenir plus ou moins 75%.
Par ailleurs, pour mes études supérieures, je ferai l’animation culturelle à l’Institut national des arts ( Ina) car je raffole l’art et la culture congolaise. C’est la filière qu’il faut pour aller très loin dans mes études universitaires et dans la vie professionnelle. L’ idéal c’est d’avoir des capacités requises, aimer ce que l’on fait et avoir des moyens”, a souligné cette élève qui a passé les 4 jours dans les locaux de l’Institut Ango Ango de Bandalugwa.

Lycée Omisalisa, un modèle du système éducatif

Photo de famille des finalistes de Coupe et Couture du Lycée Technique Omisalisa de Bandalugwa.

Et de conclure par la prière, avec Trinidade Yowalola ainsi que toutes ses condisciples pour laisser leur examen entre les mains de Dieu.

” Nous nous sommes bien préparées pour l’obtention de notre diplôme et nous sommes prêtes à le défendre à l’université, dans la vie professionnelle et courante.Trinidade, le reste de mes condisciples et moi sommes allés à l’église Mangembo, il y avait un culte de louange pour les finalistes, enfin de compte, nous sommes partis aussi à la paroisse Saint Michel”.

Les éducateurs et les autorités appelés à taper du poing sur la table

Les parents , tuteurs, professeurs, inspecteurs, chefs de centres et autres éducateurs sont appelés à serrer la vis et imposer une discipline vestimentaire dans un pays où les anti-valeurs montent à la vitesse V. Les autorités politico-adminstratives doivent taper du poing sur la table pour arrêter cet élan de frivolité grandissant dans la ville de Kinshasa.

Sinon, à la publication des résultats probablement au mois d’août, les Kinois risquent un tapage à la fois diurne et nocturne voire contracter un choléra non pas sur le plan “sanitaire” mais “vestimentaire” avec une température frôlant le 40 degré des futilités en pleine saison sèche, l’on se croirait en été en Europe avec la canicule.

L’ Exetat 2025 a été lancé avec comme à l’accoutumée la dissertation. Cet exercice écrit de français s’est déroulé le 02 juin dernier. Puis s’en est suivi le jury pratique du 03 au 14 juin.

La session ordinaire s’est étalée du lundi 28 au jeudi 31 juillet. Le premier jour a été consacré à la culture générale, le deuxième jour aux cours d’option, le troisième a été axé sur les sciences et le dernier aux cours de langues. Plus d’un millions de candidats ont pris part à la session 2025 en RDC et aux frontières.

Pour rappel en 2024, la session ordinaire a lieu du 24 au 27 juin. La publication des premiers résultats a été effective le 24 juillet soit après quasiment un mois.
Les provinces éducationnelles concernées étaient Kinshasa/Mont-Amba, Plateau, Kasaï-Central 1, Kwilu et Équateur. Le chronogramme prévu par l’Inspection générale était du 20 juillet au 24 août. Cependant la publication des résultats a pris fin avant, soit le 12 août.

Pour cette édition 2025, la ministre de l’Éducation Nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a annoncé, le lancement imminent de E-Diplôme, la toute première plateforme nationale de certification électronique des diplômes d’État, accessible via le site officiel www.diplome.cd. C’est ce qui ressort du Conseil des ministres du vendredi 18 juillet dernier.

Batok’s KGB