Kinshasa, le 9 février 2026 – Le gouvernement provincial de Kinshasa a procédé, ce lundi, à la démolition de constructions anarchiques érigées dans le bidonville de Pakadjuma, situé dans la commune de Limete. Cette opération, menée en collaboration avec l’Office national des transports (ONATRA), vise à récupérer un terrain spolié, jugé essentiel pour la relance des activités ferroviaires.
Selon les autorités provinciales, ce terrain, occupé illégalement depuis plusieurs années, doit être libéré afin de permettre la reprise de la circulation des trains, interrompue en raison de l’occupation de l’emprise ferroviaire. L’intervention s’inscrit dans une démarche plus large de restauration de l’autorité de l’État et d’assainissement des emprises publiques de la capitale.
Sur le terrain, d’importants moyens ont été déployés pour raser les habitations construites sans autorisation. Des engins lourds ont opéré sous la supervision des services urbains et sécuritaires, dans un climat de tension palpable parmi les habitants. Un responsable de l’ONATRA a justifié cette opération en soulignant la nécessité de rétablir l’autorité de l’État.
« Nous sommes venus démolir ces constructions anarchiques afin de relancer le trafic ferroviaire dans les jours à venir. Aujourd’hui, certains Congolais construisent là où ils ne devraient pas. Il est temps de rappeler que l’État existe bel et bien. Si ces constructions illégales n’avaient pas existé, nous n’en serions pas là », a-t-il déclaré.
Les autorités rappellent que l’occupation illégale des emprises publiques constitue une infraction à la loi et freine le développement des infrastructures stratégiques. Elles annoncent par ailleurs la poursuite de telles opérations dans d’autres zones de la capitale concernées par des constructions anarchiques.
Toutefois, cette initiative soulève des préoccupations d’ordre humanitaire. Les habitants de Pakadjuma, majoritairement issus de milieux défavorisés, appellent à la mise en place de mesures d’accompagnement social, notamment en matière de relogement, afin d’atténuer l’impact de ces démolitions sur leurs conditions de vie.
Joëlle Luniongo
