L’Université de Kinshasa (UNIKIN) est en deuil après l’assassinat du professeur Diabar Abata Mathieu Sona, enseignant en sciences documentaires à la faculté des Lettres et Sciences humaines. Le drame s’est produit dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 janvier 2026, à son domicile situé dans la commune de Lemba, à Kinshasa.
Selon les informations recueillies, des bandits armés non identifiés ont fait irruption au domicile de l’enseignant aux alentours de 23 heures, alors que toute la famille dormait déjà. Les assaillants auraient forcé l’entrée après avoir neutralisé les dispositifs de sécurité de la maison. Le professeur Abata a été mortellement atteint par balle, tirée à l’aide d’une arme silencieuse, alors qu’il tentait de s’opposer aux violences exercées contre son épouse, dont l’état de santé était fragile.
Interrogée par ACTUALITE.CD, sa fille Josée Abata, infirmière, a livré un témoignage poignant. Elle raconte que les bandits ont d’abord encerclé la parcelle avant de pénétrer dans la maison. Pensant à une attaque de délinquants urbains, la famille a tenté de se défendre. C’est au cours de cette intervention que le professeur Abata a été atteint mortellement, sans que la famille n’entende la détonation du coup de feu.
« Quand j’ai vu papa au sol, il y avait déjà beaucoup de sang. On n’a même pas entendu le coup de feu », a-t-elle confié, encore sous le choc, soulignant la rapidité et la violence de l’opération.
Face à cet assassinat qui a profondément bouleversé la communauté universitaire, l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN) a annoncé la suspension de toutes les activités académiques à l’UNIKIN, dans l’attente des conclusions d’une assemblée générale extraordinaire convoquée pour statuer sur les actions à mener.
De son côté, le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) a indiqué que les autorités judiciaires et sécuritaires compétentes ont été saisies afin d’identifier les auteurs de cet acte criminel et d’établir les responsabilités.
L’assassinat du professeur Mathieu Abata relance le débat sur l’insécurité grandissante à Kinshasa, notamment dans les quartiers résidentiels, et suscite une vive émotion tant au sein du monde académique que dans l’opinion publique congolaise.
La rédaction
