Kinshasa Aréna, annoncée comme un joyau sportif et culturel censé redorer l’image de la RDC, tarde à voir le jour. Alors qu’elle devait être inaugurée au plus tard en septembre 2025, le chantier est aujourd’hui paralysé, et les promesses officielles se heurtent à la dure réalité. Au cœur de cette confusion : le ministre des Finances, Doudou Fwamba, dont les déclarations contradictoires sèment le doute et alimentent la colère de l’opinion publique.
Décembre 2024 : un optimisme affiché
En décembre 2024, le ministre des Finances s’était rendu sur le site de construction. Sur place, il affichait un ton triomphant, affirmant que tous les problèmes étaient résolus et que l’État travaillait main dans la main avec la société Milvest.
Voici ses propres propos, prononcés devant les caméras :
« Avons passé deux mois pour travailler ensemble avec le groupe et nous pouvons confirmer que les travaux ont déjà repris sur les sites comme vous le constatez. Les différents conteneurs qu’il fallait évacuer du port de Matadi vert cet endroit sont en train d’être ramenés ici déjà plus de cent-cinquante (150) sont déjà sur le site et vous constatez avec nous les travaux ont repris depuis depuis une semaine. Le gouvernement tient à ce que ce projet soit réalisé parce qu’il s’agit d’un engagement de son excellence monsieur le président de la république chef de l’état son excellence Félix Antoine Tshilombo qui veut offrir à notre population et à notre jeunesse des aires des aires où nous pouvons aujourd’hui attirer des grandes compétitions internationales. Fin septembre (2025) nous allons inaugurer Arena et le président de la République, son excellence Félix-Antoine Tshilombo pour avoir la de décider de la date où il va inaugurer cet arrêt-là à partir du mois de septembre. »
Ce jour-là, aucune hésitation, aucune réserve : le ministre promettait noir sur blanc que l’Aréna serait inaugurée avant octobre 2025.
Septembre 2025 : un discours totalement différent
Mais à la surprise générale, moins d’un an plus tard, invité le 30 septembre 2025 sur la radio Top Congo FM dans l’émission Le Débat, Doudou Fwamba a tenu un tout autre discours. Cette fois, il expliquait que les conteneurs n’avaient pas été libérés à cause d’un contrat jugé illégal par l’Inspection Générale des Finances (IGF).
Extrait intégral de sa déclaration :
« Les travaux devaient se terminer, mais il y a eu de couacs de frais logistiques. Le contrat qui avait été signé, avait de clause d’exonération, que les conteneurs de cette société ne devraient pas payer la douane. Mais quand l’IGF a regardé ce contrat, elle dit que ce contrat était illégal (…) et la société devait payer la douane. Il fallait maintenant un arbitrage politique (…) d’où les conteneurs sont bloqués au niveau du port depuis plusieurs mois, jusqu’à ce que ça été gardé dans un entrepôt privé et le frais logique est devenu encore important. Donc le prestataire doit se conformer à la loi, moi je ne peux pas violer la loi. Mais à l’instant l’État vient de payer les frais logistique qui le concernent, les conteneurs viennent de quitter le port. »
Un discours radicalement différent, qui contraste fortement avec l’optimisme de décembre 2024.
La contradiction qui choque l’opinion
La contradiction est flagrante : comment expliquer qu’en décembre 2024 le ministre assurait que plus de 150 conteneurs étaient déjà arrivés à Kinshasa, et que les travaux avaient repris, alors qu’en septembre 2025 il affirme que ces mêmes conteneurs étaient encore bloqués depuis des mois au port de Matadi ?
De plus, le ministre avait affirmé à l’époque que l’État avait déboursé 45 millions USD pour relancer le chantier.(103 Millions USD pour les travaux) Aujourd’hui, il soutient qu’il ne pouvait pas violer la loi et que le contrat signé par son prédécesseur était irrégulier.
Un chantier à l’arrêt, une population désabusée
Sur le terrain, les faits parlent d’eux-mêmes : les travaux sont quasiment à l’arrêt. Les structures ne progressent pas, et il paraît hautement improbable que l’Aréna soit livrée dans moins d’un an, contrairement aux promesses initiales.
La population congolaise, elle, attend toujours cet édifice qui devait symboliser l’entrée du Congo dans le cercle des pays capables d’accueillir de grandes compétitions sportives internationales et des événements culturels d’envergure. Pour l’instant, elle n’a droit qu’à des déclarations contradictoires, des délais reportés et une désillusion croissante.
Conclusion : un dribble de trop ?
En moins d’un an, Doudou Fwamba est passé d’un discours triomphaliste à un plaidoyer justifiant les blocages. Cette volte-face mine sa crédibilité et fragilise la confiance de la population envers les institutions.
La Kinshasa Aréna devait être un projet fédérateur, un motif de fierté nationale. Elle est en train de devenir le symbole des promesses non tenues, de la mauvaise planification et des contradictions ministérielles.
La population congolaise ne demande qu’une chose : la vérité et des résultats concrets. Car à force de dribbler avec les mots, le ministre des Finances risque de perdre définitivement le match de la confiance populaire.