13 janvier 2026

Beaucoup d’argent investi, peu de transparence et toujours des bouchons dans la capitale congolaise.

Kinshasa reste embourbée dans ses embouteillages quotidiens malgré une enveloppe de 350 000 dollars mise à disposition de la police par le gouvernement Suminwa. Ce financement, destiné à appuyer le plan opérationnel du Général Israël Kantu, devait permettre une vaste offensive contre les bouchons qui paralysent la circulation dans la mégapole.

Le plan prévoit le déploiement de 950 agents, issus notamment de la Police de Circulation Routière (PCR), du Groupe Mobile d’Intervention (GMI), de la Légion Nationale d’Intervention (LNI) et des unités de réserve de la Police Militaire PM 14. Un important arsenal logistique a également été annoncé :

  1. 10 bus de marque Force
  2. 10 motos
  3. Véhicules porte-tout et grues (Kikalungu) pour évacuer les véhicules abandonnés
  4. 20 radios talkie-walkie
  5. 3 drones de surveillance
  6. Carburant et lubrifiants
  7. Primes spéciales pour les agents mobilisés
  8. 10 véhicules supplémentaires, 20 motos, 10 drones, 100 cônes de signalisation (helses) et 200 sabots de blocage

Des moyens annoncés, mais peu visibles

Pourtant, plusieurs zones d’ombre entourent cette opération. Une enquête du média AfricaNews soulève de nombreuses interrogations. D’abord, l’absence de communication officielle sur l’état d’exécution du plan inquiète.
Le Général Kantu a-t-il réellement reçu les fonds ? Aucune confirmation claire n’a été donnée jusqu’ici.

Lors du lancement de l’unité spéciale censée lutter contre les embouteillages, moins de 30 policiers étaient visibles sur le terrain, alors que 920 autres agents étaient censés avoir été déployés.

Où sont-ils ? Où sont les engins promis ?
Aucune information non plus sur les zones spécifiques d’intervention ni sur les résultats après les dix premiers jours de mise en œuvre.

Les primes ont-elles été versées ?

Autre point critique : les primes spéciales annoncées aux policiers sont-elles effectivement versées ? Si tel est le cas, quelles sont les listes des bénéficiaires ? Cette opacité alimente les doutes sur l’efficacité et la gestion réelle des ressources mobilisées.

Un problème de gouvernance

Au-delà du trafic, c’est un problème de gouvernance et de transparence qui est pointé du doigt. À Kinshasa, les embouteillages ne sont pas seulement un désagrément quotidien : ils ont un coût économique, sanitaire et social considérable. La population attend des réponses concrètes, des résultats visibles, et surtout une gestion rigoureuse des fonds publics.

Tant que ces interrogations resteront sans réponse, la confiance des citoyens envers les autorités restera bloquée — tout comme les artères de la capitale.