21 septembre 2026

Kinshasa – Le Conseil d’administration de l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration (APCSC) tient ce lundi 21 septembre 2026 une réunion extraordinaire consacrée notamment au dossier Ultimate Oil & Gaz/SISC. Le directeur général de l’Agence, Freddy Yodi Shembo, est convoqué à cette réunion présidée par le professeur Claude Mamba Kabasu.

La convocation intervient dans un contexte marqué par les interrogations soulevées autour de la validation du statut de sous-traitant d’Ultimate Oil & Gaz dans le cadre du projet de la route Mbuji-Mayi–Nguba, ainsi que par les conclusions et observations attribuées à l’Inspection générale des finances (IGF).

Selon la correspondance adressée à la Direction générale, certains membres du Conseil d’administration ont pris connaissance, par voie de presse, des informations faisant état d’une enquête de l’IGF portant notamment sur les importations de produits pétroliers destinés à ce projet.

Freddy Yodi Shembo appelé à s’expliquer

Dans sa correspondance, le Conseil d’administration estime nécessaire d’obtenir des explications de la Direction générale sur les procédures appliquées dans ce dossier et de disposer des pièces justificatives permettant de répondre aux différentes interrogations.

L’objectif affiché est également d’harmoniser la communication de l’APCSC, de consolider les éléments du dossier et de permettre à l’Agence de répondre de manière documentée aux observations formulées par l’IGF.

La réunion extraordinaire est prévue ce lundi à 14 heures, au siège de l’APCSC, à Gombe. La présence des membres du Conseil d’administration ainsi que du directeur général est annoncée comme obligatoire.

Le dossier des 100 millions de litres

Au centre de la controverse se trouve un dossier portant sur 100 millions de litres de produits pétroliers destinés à la route Mbuji-Mayi–Nguba, un projet réalisé dans le cadre de la coopération sino-congolaise.

L’IGF s’intéresse notamment aux conditions dans lesquelles ces produits ont été importés sous le régime d’exonération douanière et au rôle joué par les différents intervenants dans la chaîne administrative et douanière.

Le statut d’Ultimate Oil & Gaz comme sous-traitant de la Société internationale de commerce (SISC) constitue également l’un des principaux points de discussion.

Ultimate Oil & Gaz conteste les reproches

De son côté, Ultimate Oil & Gaz rejette les accusations ou insinuations mettant en cause la régularité de son intervention.

Dans sa défense, l’entreprise soutient avoir été autorisée à intervenir dans le cadre du projet et conteste notamment certaines références utilisées pour remettre en cause son statut de sous-traitant.

La société affirme également que les procédures administratives et les documents dont elle dispose permettent de justifier son intervention dans l’opération.

Elle pose par ailleurs la question de savoir pourquoi, si son intervention était considérée comme irrégulière, aucune plainte n’aurait été introduite contre elle auprès des juridictions compétentes.

La validation du sous-traitant au cœur des interrogations

L’un des points sensibles du dossier concerne la liste des sous-traitants autorisés à bénéficier des mécanismes prévus dans le cadre du projet.

Ultimate Oil & Gaz affirme avoir figuré sur une liste de sous-traitants et soutient que son intervention s’inscrivait dans le dispositif administratif mis en place pour le projet.

Les interrogations portent donc sur les conditions de cette validation, les documents ayant servi de base à la décision et les responsabilités respectives des différents services impliqués.

C’est précisément sur ces éléments que le Conseil d’administration de l’APCSC souhaite obtenir des éclaircissements de la Direction générale.

Plusieurs commissionnaires cités

Le dossier ne concerne pas uniquement Ultimate Oil & Gaz. Plusieurs sociétés et commissionnaires intervenant dans les opérations douanières sont également cités dans les éléments publiés autour de l’affaire.

Parmi les noms mentionnés figurent notamment MULYKAP, Express Oil et Groupe SIL, ainsi que plusieurs commissionnaires et sociétés intervenant dans la chaîne d’importation.

L’enjeu est notamment de déterminer qui a effectué les différentes déclarations, sur quelle base documentaire et dans quelles conditions les produits pétroliers ont bénéficié du régime douanier concerné.

L’APCSC veut reprendre la main sur le dossier

Face aux informations circulant dans la presse et aux interrogations soulevées par l’enquête de l’IGF, le Conseil d’administration veut désormais disposer d’une vision complète du dossier.

Dans sa correspondance, le président du Conseil d’administration insiste notamment sur la nécessité de retrouver les pièces qui n’existeraient pas dans le dossier, de consolider les éléments disponibles et de protéger les acquis de l’Agence.

Cette démarche vise également à permettre à l’APCSC de répondre de manière formelle aux différentes observations qui lui sont adressées.

La convocation du DG Freddy Yodi Shembo constitue ainsi une étape importante dans ce processus de clarification interne.

Une réunion sous haute attention

La réunion de ce lundi intervient donc à un moment particulièrement sensible pour l’APCSC. Les administrateurs devront notamment examiner les conditions de validation du sous-traitant, les documents disponibles, le rôle de la Direction générale et les différentes démarches administratives liées aux importations de carburant.

À ce stade, les responsabilités éventuelles des différents acteurs restent à établir sur la base des documents officiels et des procédures compétentes.

Le Conseil d’administration de l’APCSC est ainsi appelé à entendre le directeur général Freddy Yodi Shembo et à faire le point sur un dossier qui mêle sous-traitance, importations de produits pétroliers, exonérations douanières et exécution du projet routier Mbuji-Mayi–Nguba.

la rédaction