10 février 2026

Les plastiques usés et jetés partout dans les rues de Kinshasa, font désormais partie du décor de la plus grande ville de la Rd-Congo. Bien que récemment, l’autorité urbaine, Gentiny Ngobila, ait déclaré avoir réussi à faire de Kinshasa l’une de villes les plus propres du continent sur terrain, c’est le contraire qui est observé. Car, la capitale congolaise demeure une ville insalubre. Aujourd’hui, il est pratiquement impossible de passer un coin de la capitale sans tomber sur un tas d’immondices dans lequel, les déchets plastiques font la loi.
L’opération “Kin Bopeto” qui devrait servir de modèle d’assainissement de la capitale de la RDC a toutes les peines du monde à donner des résultats à la hauteur des attentes. En parallèle, le traditionnel “Salongo” obligatoire de samedi continue aussi à jouer son rôle de figurant. Concrètement, les déchets plastiques ne cessent d’envahir, rigoles, caniveaux et autres coins de Kinshasa au grand dam de la population.

Déchets plastiques abandonnés après le “Salongo”

Tout le monde coupable

Dans une ville où finalement des décisions virent aux simples slogans, les Kinoises et Kinois se contentent d’observer l’invasion des déchets plastiques qui, désormais, touche toutes les communes de Kin-la-belle. Les rares citoyens qui essaient, tant bien que mal, de garder leur environnement sain, sint butés au problème d’évacuation. Tenez après, par exemple, le curage des caniveaux, ces déchets plastiques sont abandonnés aux abords et il suffit d’une pluie pour qu’ils regagnent les caniveaux. Quand on sait que les dégâts causés à Kinshasa lors des pluies torrentielles sont principalement des résultants des caniveaux bouchés et lits de rivières envahis par le “roi plastique”, une réforme s’impose dans la politique de gestion de ces déchets à Kinshasa. Cette fois-ci, en lieu et place d’un truc tape à l’oeil aux résultats plus que décevants, Kinshasa a besoin d’une politique environnementale calquée sur les problèmes réels rencontrés sur le terrain. Et ce programme-phare d’assainissement de Kinshasa qui doit être, cette fois-ci, un fruit d’experts en la matière et entre leurs mains, devra se reposer exclusivement sur son exécution qui généralement pose problème. Le recyclage systémique des plastiques et/ou leurs transformations en ressources énergétiques sont, entre autres, des pistes à explorer comme c’est le cas sous d’autres cieux.


D’un côté si la politique de gestion des déchets plastiques mise en place par l’hôtel de ville demeure une calamité, la population kinoise d’un autre côté, continue de salir davantage et impunément son environnement direct. Tenez, un Kinois récemment en séjour dans une ville à l’Est du pays, a fait une vidéo d’interpellation dans laquelle on pouvait voir des caniveaux curés, entretenus et très propres. Pendant ce temps à Kinshasa, des habitants préfèrent transformer leurs caniveaux voire certains coins très peu fréquentés, en décharge publique. C’est ainsi que les décharges publiques sauvages deviennent monnaie courante à Kinshasa alignant la capitale dans le toplist des capitales les plus sales du continent. Là où le bât blesse, c’est le fait que la population semble s’accommoder dans cet environnement malsain avec des déchets plastiques qui s’imposent en décor de la ville

Armando Mananasi