Herman Mbonyo Lihumba, ancien secrétaire général du Comité olympique congolais (COC), a été démis de ses fonctions de directeur de cabinet de la ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola. Cette décision, intervenue ce week-end, survient dans un climat de fortes tensions autour de la gestion du ministère.
Selon plusieurs sources administratives, la ministre Bandubola avait ordonné la remise et reprise dès samedi dernier. Cependant, celle-ci n’a toujours pas eu lieu, Mbonyo invoquant des ennuis de santé et un internement à la Clinique médicale de Kinshasa (CMK). En attendant la nomination d’un nouveau directeur de cabinet, c’est son ancien collaborateur aux Affaires foncières qui a été désigné pour assurer l’intérim.
Cette révocation intervient dans un contexte marqué par de graves accusations de corruption et de mauvaise gouvernance visant le cabinet de la ministre. Le média Cumulard.cd, dans une enquête publiée le 6 octobre 2025, évoquait déjà un “scandale aux Hydrocarbures” impliquant la ministre Acacia Bandubola et son entourage.
Des opérateurs pétroliers y dénonçaient des “combines” et des “pratiques douteuses” au sein du ministère, citant notamment des cas d’extorsion et de concussion attribués à Herman Mbonyo. Selon plusieurs témoignages, ce dernier aurait exigé des paiements illicites de 5 dollars par tonne métrique auprès de sociétés pétrolières pour accélérer l’approbation de leurs dossiers.
Toujours d’après l’enquête, Mbonyo aurait également orienté certains investisseurs vers le cabinet de son épouse, avocate à Kinshasa, soulevant des soupçons de conflit d’intérêts.
Le parcours de cet ancien dirigeant public est marqué par de nombreuses controverses. Condamné en 2009 pour détournement de fonds à la SONAS, il a connu plusieurs démêlés judiciaires et disciplinaires, notamment en Algérie lors des Jeux africains de 2018, puis en Côte d’Ivoire lors de la CAN 2023. Son retour à la sphère publique avait déjà suscité de vives critiques au moment de sa nomination au sein du cabinet Bandubola.
Pour plusieurs acteurs du secteur pétrolier, cette nouvelle éviction est un “soulagement nécessaire”, mais ils appellent à des mesures plus profondes pour restaurer la transparence et la crédibilité de ce ministère stratégique.
« La gestion des Hydrocarbures touche directement à la stabilité économique et énergétique du pays. Il est temps que le gouvernement prenne des décisions fortes pour mettre fin à la corruption qui mine ce secteur », a réagi un opérateur du secteur sous couvert d’anonymat.
Cette affaire met une fois de plus en lumière les défis persistants de gouvernance dans l’administration congolaise et relance le débat sur la nécessité de moraliser la gestion publique, particulièrement dans les secteurs jugés sensibles pour l’économie nationale.
Jolga Luvundisakio
