10 février 2026

28 octobre 2023, 28 octobre 2025, il y a de cela deux ans que, l’éditeur vedette de Forum des AS, José Nawej, tirait sa révérence, en laissant un vide dans le landerneau de la presse congolaise en général et de ce grand journal ayant pour siège social à Limete 11è rue en particulier qui, du moins réussit à se maintenir dans l’échiquier des médias congolais. Pour le journaliste Gloire Batomene qui l’a côtoyé et travaillait à ses côtés depuis 2016, Forum des AS reste le “Delphes” de la presse écrite congolaise et José Nawej en était “l’oracle” à la manière d’Apollon, d’autant plus que ses prédictions politiques et socio-économiques via ses éditos, finissaient par s’accomplir avec exactitude, comme “la Pythie” dans la Grèce antique… pour l’éternité.

Un seul adjectif pour qualifier les editos de José, “mijoté” pour ne pas dire “mijosé”, en empruntant le langage des Kinois qui sont champions à transformer les prénoms de qui que ce soit.

Des questions qui se posaient avec acuité dans le landerneau politique,social voire économique en République démocratique du Congo ( RDC) trouvaient des réponses à court, moyen et long termes dans des analyses très profondes, instructives, pédagogiques du baobab José Nawej. Ce, pour “les Congolais d’un certain âge et d’un âge certain”, toute génération confondue.

Par son écriture journalistique, il savait faire le distinguo à la manière de vieilles nations démocratiques, entre le pays et les querelles partisanes, l’intérêt national et les intérêts paroissiaux, la patrie et le parti. Les premiers l’emportant systématiquement et systémiquement sur les seconds.

À chaque texte, son arôme

Une plume xxl, une écriture journalistique d’exception dont lui-même avait le secret. Tous à table de l’édito, nous nous précipitons pour être servi et tous les ingrédients étaient réunis par le cordon bleu, Nawej qui peignait noir sur blanc la réalité de la vie politique au Congo, en Afrique et même au monde.

Le menu était délicieux, un assaisonnement parfait. Pas trop ou moins de sel, l’eau bien millimétrée, le temps de cuisson, bien chronométré. Tout le monde ne pouvait qu’inexorablement se lécher les doigts en foulant aux pieds les rudiments des notions de politesse dans son volet “La tenue à table” .

C’est le samedi 28 octobre 2023 dans la soirée, que le décès de José Nawej a été annoncé. Cette disparition a eu l’effet d’un ouragan pas de moindre, mais de maximum 5, comme Melisa qui touche actuellement la Jamaïque. Ce, dans le landerneau des chevaliers de la plume et du micro, un 4è pouvoir cher au ministre de Communication et Médias, Patrick Muyaya, qui était également très lié à feu Nawej. Ce décès a suscité de fortes oscillations, de vagues de larmes, consternations.

Une équipe aguerrie et des marbres sur fond d’une ambiance chaleureuse

José Nawej est mort mais nous ne pouvons pas baisser les bras” dans un langage teinté d’optimisme, avait lâché le PDG, Bongo Bovery Tuasukama, un féru de la lecture qui constituait une paire intraitable avec l’illustre disparu, le tout avec une équipe très bien aguerrie, des soldats au front de l’écriture avec au passage des marbres qui resteront dans les annales: Didier Kebongo, Laurel Kankole, Yves Kalikat, (Célé Kandolo, Alfred Lukambil, décédés ), Rocco Nkanga, Rachidi Mabandu, Kléber Kungu, Dina Buhake pour ne citer que ceux-ci, une génération dorée.

À leur côté, Mathy Musau, Fifi Tangamu, Orly-Darel Ngiambukulu, Bahati Kasindi et Gloire Batomene, le dernier fils de la maison à l’époque. Sans oublier l’inamovible caricaturiste, Patou Bomenga, les informaticiens Aimé Nsimba, Jacques Lusimanu; le webmaster, David Bambobwa et le financier Sylvain Mpono.

Des moments de correction intenses teintés de sacrifices, d’humour, d’une ambiance chaleureuse en bouclant le journal même jusqu’à 04h du matin si l’actualité était abondante.

Avec cet ancien de l’Institut des Sciences et Techniques de l’Information ( Isti), la rigueur se conjuguait au présent de l’indicatif et non au futur impossible. C’était un artisan du travail bien fait. Et de surcroît un homme plongé d’humour, d’humanisme, un amoureux du football congolais mais aussi du ballon européen, vrai fan du FC Barcelone et de Lionel Messi.

Nawej est mort mais le Nawejisme restera à jamais pour tous les amoureux des textes bien rendus, papiers bien écrits. Halte au titre bateau, à l’écriture fourre-tout. “Aux armes citoyens, Bendele ekweya te. À nous tous candidat à la mort, vivons chaque jour comme si c’était le dernier”.

Batok’s/KGB