27 juillet 2026

L’Union des footballeurs du Congo (UFC) veut faire de la protection des joueurs et des joueuses une priorité. Réunie en Assemblée générale ordinaire à Kinshasa, l’organisation dirigée par Dodo Landu a annoncé une série de réformes et d’initiatives visant à lutter contre les abus sexuels, améliorer les conditions de travail des athlètes et accélérer la professionnalisation du football congolais.

Une mobilisation contre les abus sexuels dans le football

La lutte contre les violences sexuelles et la pédocriminalité dans le milieu sportif a constitué l’un des principaux sujets des travaux tenus le 23 juillet à la paroisse Notre-Dame de Fatima, dans la commune de la Gombe.

À cette occasion, le président de l’UFC, Dodo Landu, a annoncé l’organisation prochaine d’un vaste programme de sensibilisation destiné aux joueurs, joueuses, encadreurs et dirigeants. Ce projet sera financé par la FIFPRO à hauteur de 35 000 dollars américains, afin de soutenir des séminaires, des formations et des campagnes de prévention.

« Nous attendons des moyens qui vont provenir de la FIFPRO afin d’organiser ces assises. Notre objectif est de lutter contre ce fléau et de protéger les footballeurs », a déclaré Dodo Landu.

L’impunité dans le viseur

Pour le président de l’UFC, la prévention doit impérativement s’accompagner d’une application rigoureuse des sanctions contre les auteurs d’abus.

Il déplore que plusieurs personnes pourtant sanctionnées par la Commission d’éthique de la FIFA continuent d’exercer dans le football congolais.

« Nous allons organiser un séminaire pour combattre ce que je peux appeler l’impunité. Il y a eu des décisions prises par la FIFA et la commission d’éthique a sanctionné certaines personnes qui encadraient des joueuses et des joueurs. Mais malheureusement, ces personnes continuent toujours à œuvrer dans le milieu sportif », a-t-il affirmé.

Selon lui, aucun statut ni aucune influence ne doivent permettre à un auteur d’abus d’échapper aux sanctions.

La protection de la carrière des joueurs au cœur des réformes

Au-delà de cette campagne contre les violences sexuelles, l’Assemblée générale a permis de dresser le bilan des activités de l’UFC et de définir les priorités pour la saison 2026.

L’organisation, affiliée à la FIFPRO depuis 2009, a rappelé que sa gestion avait été validée par des audits internationaux conformes aux exigences de la FIFA et de la FIFPRO.

Parmi les principales réformes annoncées figurent :

  • l’harmonisation des contrats des joueurs avec les normes internationales, notamment les articles 14 et 14 bis du Règlement du Statut et du Transfert des Joueurs ;
  • le renforcement des garanties sociales, avec un meilleur encadrement des salaires, de la couverture médicale, de l’égalité des genres et de la protection de la maternité ;
  • la protection des joueurs mineurs grâce à des garanties éducatives destinées à prévenir l’abandon scolaire et les abus liés au recrutement précoce.

Le football féminin au centre des priorités

L’UFC a également présenté le lancement en République démocratique du Congo du programme mondial « Raising Our Game », porté par la FIFPRO.

Ce projet vise à professionnaliser durablement le football féminin à travers une auto-évaluation des conditions de travail des joueuses, des infrastructures et des compétitions nationales.

À terme, un plan d’action sera élaboré avec la Ligue nationale de football féminin (LINAFF) et la FECOFA afin de mettre en place des contrats de travail adaptés, d’assurer des salaires plus sécurisés et de garantir un meilleur accès aux soins médicaux.

Un partenariat historique entre la FIFA et la FIFPRO

L’UFC s’est également réjouie de l’accord conclu en juin 2026 entre la FIFA et la FIFPRO, qui reconnaît officiellement les syndicats de joueurs comme partenaires sociaux mondiaux.

Cet accord prévoit notamment un fonds de garantie de 20 millions de dollars pour la période 2026-2029 destiné à indemniser les joueurs victimes de salaires impayés après la faillite de leurs clubs.

Vers un football plus professionnel

Dans sa feuille de route, l’UFC a identifié plusieurs défis majeurs pour le développement du football congolais :

  • lutter contre la manipulation des matchs et la corruption ;
  • renforcer la sécurité juridique des contrats entre clubs et joueurs ;
  • mettre en place une Chambre nationale indépendante de résolution des litiges ;
  • déployer un système national de régulation des transferts ;
  • protéger les athlètes contre toute forme de violence, d’exploitation ou de harcèlement.

En clôturant les travaux, Dodo Landu a insisté sur la nécessité de placer le joueur au centre des réformes.

« Le développement de notre football passe obligatoirement par le bien-être des joueurs. Quand nous aurons tous intégré cette donne, le train de la professionnalisation sera réellement lancé », a-t-il déclaré.

À travers ces différentes initiatives, l’Union des footballeurs du Congo entend faire de la protection des athlètes, de la transparence et du dialogue social les principaux leviers de modernisation du football congolais. L’organisation espère désormais transformer ces engagements en actions concrètes afin d’offrir aux joueurs et aux joueuses un environnement plus sûr, plus juste et conforme aux standards internationaux.

La rédaction