Le FC Les Aigles du Congo devait recevoir, mardi au stade Tata Raphaël, le Daring Club Motema Pembe (DCMP), dans le cadre du match retour des préliminaires de la Coupe du Congo. Une rencontre qui ne s’est finalement pas jouée, l’équipe des Aigles ayant refusé de se présenter sur l’aire de jeu après l’échauffement.
À l’origine de cette décision figure un litige lié aux licences des joueurs du DCMP. Le FC Les Aigles du Congo accuse son adversaire de ne pas être en règle, évoquant l’absence de licences valides et le non-respect des règlements en vigueur.
Un recours resté sans réponse
Selon les dirigeants des Aigles du Congo, un recours avait déjà été introduit lors du match aller, soldé par un score de parité (1-1). La LIFKIN, instance organisatrice de la compétition, avait alors promis de rendre sa décision avant la manche retour, d’autant plus que la Coupe du Congo se dispute en élimination directe après une double confrontation, où le résultat du match aller influence directement l’issue de la qualification.
Jusqu’à présent, la LIFKIN a suspendu le résultat du match aller afin d’examiner le recours, sans toutefois communiquer de décision définitive avant la tenue du match retour.
La réaction de Vidiye Tshimanga
Face à la presse, le président du FC Les Aigles du Congo, Vidiye Tshimanga, a tenu à éclairer l’opinion publique sur les raisons ayant conduit son club à refuser de disputer la rencontre :
« Nous avons estimé qu’il était de notre devoir d’expliquer à l’opinion, à travers des médias sérieux, les raisons qui nous ont amenés à ne pas jouer ce match. Ce n’était ni une décision facile, ni une source de plaisir. »
Il souligne que le problème des licences du DCMP ne date pas d’hier, rappelant qu’un recours similaire avait déjà été introduit en Linafoot Ligue 1 plusieurs mois auparavant, sans qu’aucune décision ne soit rendue à ce jour.
« Lors des vérifications d’avant-match, on ne nous a présenté que des bordereaux de paiement, et non des licences valablement enregistrées. Or, payer ne suffit pas : une licence doit être délivrée et présentée. »
Un refus motivé par le respect des textes
Pour Vidiye Tshimanga, l’absence de réponse claire de la LIFKIN avant le match retour a rendu la situation intenable :
« Comment jouer un match retour sans connaître la décision liée au match aller ? Selon que le recours soit accepté ou rejeté, notre approche tactique change totalement. C’est une question de professionnalisme et de respect des règlements. »
Il estime que cette situation constitue une défaillance de l’instance organisatrice, qui aurait dû trancher avant la programmation du match retour.
Appel à des sanctions équitables
Conscient que le FC Les Aigles du Congo s’expose à des sanctions pour ne pas s’être présenté sur le terrain, son président plaide néanmoins pour une responsabilité partagée :
« S’il doit y avoir des sanctions, elles ne doivent pas concerner uniquement les clubs. La LIFKIN doit également être sanctionnée pour n’avoir pas accompli son travail. »
Il dénonce par ailleurs ce qu’il qualifie de deux poids, deux mesures entre grands et petits clubs, appelant à une application stricte et équitable des règlements afin d’assainir le climat du football congolais.
« Nous demandons le respect des textes. Ce n’est pas parce qu’un club est historique qu’il peut se permettre de jouer sans respecter les règles. »
Un “sacrifice” pour le football congolais
Le président des Aigles du Congo conclut en affirmant que cette décision a été prise en toute responsabilité :
« Oui, nous nous sommes sacrifiés. Oui, nous savons qu’il peut y avoir des sanctions. Mais c’était un cri d’alarme pour défendre le professionnalisme, l’équité et le respect des textes dans notre football. »
Son regard sur le DCMP, son ancien club
Ancien président du DCMP, Vidiye Tshimanga s’est également exprimé sur la situation actuelle de son ex-club :
« Je les ai avertis, y compris le président Kasambele. Je leur ai dit de trouver des mécanismes pour payer une partie de la dette afin de lever la sanction de la FIFA. Mais on m’a répondu que tout était déjà réglé, ce qui s’est avéré faux. »
Visiblement ému, il affirme n’avoir aucun esprit de revanche :
« Je suis triste de voir le DCMP dans cette situation. Je suis même le premier à en souffrir. J’ai lancé des signaux d’alerte, j’ai aidé financièrement. Je n’ai rien à venger. Malheureusement, la loi est dure, mais c’est la loi : dura lex, sed lex. »
Jolga Luvundisakio
