Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention, Dr Samuel Roger Kamba, a été auditionné ce mercredi 27 novembre à l’Assemblée nationale, après une question d’actualité introduite par le député national Guy Mafuta Kabongo. Ce dernier alerte depuis plusieurs semaines sur la multiplication des interventions esthétiques à risques notamment les Brazilian Butt Lifts (BBL) dans des cliniques non reconnues de Kinshasa.
Face aux élus, le ministre Kamba a confirmé que la République démocratique du Congo ne dispose pas des spécialistes médicaux nécessaires pour encadrer ce type de chirurgie. Selon lui, dix-sept provinces ne comptent aucun médecin spécialiste, ce qui rend impossible toute autorisation officielle de structures proposant des actes de chirurgie esthétique.
Il a déclaré :
« Nous avons très peu de spécialistes dans notre pays. Nous n’avons quasiment pas de chirurgiens esthétiques. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas autoriser des cliniques qui ne sont pas médicales. Nous avons donc commencé à fermer ces centres pour des raisons sanitaires. »
Le ministre estime que ces établissements ne répondent à aucun standard médical et que le ministère ne peut leur fournir ni protocoles, ni plateaux techniques, ni autorisations d’exploitation.
De son côté, le député Guy Mafuta a dénoncé la prolifération de « boutiques médicales » et de structures non agréées proposant des interventions esthétiques à Kinshasa. Il s’est alarmé de la banalisation de pratiques risquées, largement promues par certaines influenceuses sur les réseaux sociaux, attirant de nombreuses jeunes femmes vers des procédures dangereuses.
Il a rappelé plusieurs incidents graves, dont le décès d’une femme en 2022 dans une clinique de la Gombe, consécutif à une opération esthétique ratée. D’autres complications auraient été dissimulées ou traitées à l’étranger dans l’urgence. Le député affirme avoir recensé plus d’une dizaine de centres proposant illégalement ces services dans les communes de Gombe, Matete et Lemba.
Guy Mafuta a également interrogé le ministre sur la régularité de ces centres, le contrôle sanitaire réel, les qualifications des praticiens, les exigences techniques, les mesures de prévention des complications et les sanctions prévues à l’encontre des structures non autorisées.
Le ministre Kamba a assuré que des opérations de fermeture étaient déjà en cours, tout en reconnaissant les difficultés liées à l’absence de spécialistes habilités dans le pays. Cette interpellation relance le débat national sur la sécurité sanitaire des pratiques esthétiques et pourrait annoncer un renforcement important de la régulation médicale en République démocratique du Congo.
Jolga Luvundisakio
