Le vent qui souffle à la FECOFA risque de tout emporter sur son passage. Le mois d’avril 2023 est probablement celui de tous les enjeux. L’avenir du football congolais pourrait se jouer dans les deux semaines à venir. Qui pour stopper cette tornade qui s’annonce ? Le tourbillon va-t-il réellement faire des dégâts ? La réponse semble être oui. Que se passe-t-il alors en réalité entre la FECOFA et sa hiérarchie ? Tentative de réponse dans les lignes qui suivent.
Ce n’est un secret pour personne, la fédération congolaise de football vit depuis un temps dans une psychose. C’est suite en majeure partie à la présence des délégués FIFA / CAF. Envoyés pour remettre sur orbite le bon fonctionnement la FECOFA et surtout, baliser le chemin pour les élections finalement annoncées pour le mois de juillet prochain au niveau de l’instance faîtière du football en RDC, les deux délégués ont certes, abattu un travail de titan dans l’organisation financière et la mise sur pied des nouveaux statuts, mais cependant, il est clair et palpable de constater les envies affichées de l’un d’entre eux en l’occurrence, monsieur Dieudonné Sambi, de diriger la FECOFA ou mieux, gérer les finances dans un comité à venir. Ces envies qui, vont à mettre le bâton dans la roue de la FECOFA dans ses prérogatives mais surtout, son fonctionnement de tous les jours. À tort ou à raison, on se dirige tout droit soit vers la mise sur pied d’un comité de normalisation soit la suspension du comité actuel de la FECOFA. Une stratégie activée à tout prix dans le souci de mettre hors course, l’équipe actuelle dirigeante de la fédération.
Voilà, qui justifie le déplacement surprise du tout nouveau ministre des sports et loisirs récemment nommé dans le gouvernement Sama Lulonde 2, François-Claude Kabulo muana Kabulo au Caire en Égypte, aux côtés de deux délégués FIFA CAF, Sambi Dieudonné et Kabeya Guy, dans la nuit de dimanche à lundi. Selon certaines indiscrétions, ce voyage cacherait beaucoup de choses. Notamment, une possible annonce de la CAF par le biais de son secrétaire général, le congolais Véron Mosengo, l’homme orchestre de la présence de deux délégués FIFA CAF en République Démocratique du Congo de la décision de mettre en place, un comité de normalisation .
D’aucuns n’ignorent que les relations entre Véron Mosengo et les dirigeants actuels de la FECOFA ne sont pas parfaites et que ce premier cité en veut aux dirigeants de la FECOFA. Si tout avait été fait en son temps pour faire partir Constant Omari Selemani de la tête de l’organe faîtier, désormais, c’est celles de Donatien Tshimanga Mwamba et collaborateurs qui sont réclamées et recherchées. La lampe Mosengo est allumée en plein jour et ce, malgré la présence d’un piquant soleil. Parmi les griefs à charge de l’équipe Tshimanga, on parle des fonds covid que cet intérimaire n’arrive toujours pas à justifier. Malgré ses explications fournies pour se faire laver de tout soupçon vu qu’à l’époque où ces fonds avaient été envoyés, Constant Omari était encore aux affaires, Donatien Tshimanga ne semble pas convaincre car, à la même période, Omari assumait l’intérim du président malgache suspendu de la CAF, sieur Ahmad Ahmad et que plusieurs dossiers financiers portaient la signature de Dotsh (Donatien Tshimanga).

Mais outre ce dossier fonds covid 19, l’opacité dans le chronogramme des élections à venir au niveau de la FECOFA, semble être un autre grief inacceptable au près de la CAF. Dans son programme publié, la FECOFA ne mentionne ou carrément fait abstraction à l’organisation des élections au niveau des entités subdélegataires notamment la Ligue Nationale de Football et certaines ligues provinciales . Stratégie adoptée pour mettre toutes les chances du côté des actuels dirigeants en place et ceux au niveau de toutes ces entités. Une situation qui ne passe pas aux yeux de Véron Mosengo, soutenu par la secrétaire de la FIFA, la sénégalaise Fatma qui, s’est rendue en RDC plusieurs fois et qui a rencontré les autorités, même les plus hautes du Pays.
Agenda de Gianni Infantino
Dans son interview accordée à Cumulard.cd, Constant Omari dénonçait cette ingérence mais surtout mainmise de Gianni Infantino dans la gestion du football en Afrique. Lui qui, cherchait voir Constant Omari rejoindre son camp, avait malheureusement subi le refus de l’homme moderne, lâché , dribblé et tout simplement, trahi par son ami marocain, Fouzi. En effet, Fouzi savait qu’en rapport avec les accords de siège, le secrétaire général de la CAF devait être égyptien malgré l’exception sur le prédécesseur de Véron Mosengo qui était marocain. La nomination de Mosengo a été à la base de cette mésentente. D’autre part, la solidarité de Constant à Ahmad, avait tout chamboulé et des accusations venues de la RDC avaient fragilisé Omari au point de faire de lui, un ennemi à vie de Gianni Infantino.

Une animosité qui aujourd’hui, se traduit par cette prise de position visible de ne voir aucun proche de Constant reprendre le bâton de commandement de la FECOFA après le départ de celui qui a eu à gérer pendant plus de 16 ans l’instance faîtière du football au Congo.
Dans cet extrait , la rédaction revient sur la réponse claire de Constant Omari sur la question du journaliste Jolga Luvundisakio que nous reprenons.
Les élections arrivent à la FECOFA, selon vous quel sera le profil idéal pour vous succéder ?
Constant Omari lui-même ne peut pas présenter le profil idéal pour son remplacement . Je n’ai ou ne prépare personne, je me porte à faux , pour la simple raison que je connais les intentions des uns et des autres . Il y a ceux qui pensent qu’il faut écarter tous ceux qui ont travaillé avec Omari et à tort ,et d’autres qui pensent qu’il faut consulter Omari pour qu’il nous dise qui pense-t-il peut diriger le football. Moi je reste comme un citoyen lambda et j’observe. Je suis en train de réfléchir sur quel pourrait être mon apport en termes de conseil. Éventuellement, il faut que nous sachions d’abord qui sont les candidats déclarés, en ce moment là, on va établir un tableau pour connaître les points forts et leurs faiblesses et le tout sera incorporé par rapport au défi qui se présente aujourd’hui et demain. Ensuite, comparer le projet de chaque candidat, c’est à ce moment-là que je peux dire , je soutiens tel candidat puis que, je suis congolais. Les statuts sont déjà publiés, on attend le calendrier. Après, on va commencer à réfléchir. La chose qu’il faudrait faire , c’est de mettre sur pied , un comité qui va réellement travailler pour le football , avoir un projet cohérent et rationnel du développement de notre football,qui, juisse d’une confiance du corps électoral. Puis que ce comité va hériter d’un championnat à l’arrêt, d’un pouvoir de gestion de la fédération dilué par une normalisation voilée, un grignotage de prérogatives en matière de gestion des équipes nationales , une perte de confiance par rapport à l’état qui est bailleur de fonds, les défis sont importants, au delà des défis techniques. Il faut que ça soit un comité corsé, pas d’aventuriers. La plus grosse bêtise serait d’amener les aventuriers ou du tout venant.
Au regard de cette réponse précise de l’ancien homme fort de la FECOFA, on peut comprendre alors pourquoi, le secrétaire de la CAF qui demeure un proche de Gianni Infantino, lui qui longtemps vivait aux côtés du suisse en Suisse, tiendrait à tout prix à cette hypothèse de soit mettre en place un comité de normalisation soit suspendre les membres du comité actuel pour, définitivement écarter Omari et routes ses ramifications de la gestion du football congolais.
Jean de Dieu Mukendi
