21 mai 2026

La table ronde sur le GENOCOST s’est achevée avec une recommandation clé : l’instauration d’une Journée nationale de commémoration dédiée aux victimes du génocide en République Démocratique du Congo. Cette initiative vise à ancrer la mémoire collective, à sensibiliser la population et à renforcer le plaidoyer pour la reconnaissance internationale des tragédies subies par le peuple congolais.

Cette décision, soutenue par les participants et validée par le gouvernement, marque une avancée significative dans la politique mémorielle du pays. Elle s’inscrit dans une volonté de justice, de réparation et de consolidation de la paix, affirmant ainsi l’engagement des autorités à ne jamais laisser ces atrocités sombrer dans l’oubli.

Le GENOCOST ne se limite pas à un simple acte de commémoration et d’hommage aux victimes des massacres en République Démocratique du Congo (RDC). Il représente une rupture avec l’oubli, l’indifférence et l’abandon, en interpellant aussi bien la communauté nationale qu’internationale sur les tragédies qui ont endeuillé le pays.

Face à la fracture émotionnelle entre les populations touchées par les conflits et celles vivant dans des zones plus stables, le Président de la République a engagé l’État à une réflexion collective pour développer une perception commune des conflits qui ont ravagé la RDC. L’appropriation collective du GENOCOST est ainsi devenue une politique publique visant à renforcer la cohésion nationale et à sensibiliser l’ensemble de la population aux souffrances endurées à l’Est du pays.

Dans ce cadre, sous le haut patronage du Président de la République, la CIA-VAR et le FONAREV ont organisé une table ronde à Kinshasa du 31 mars au 3 avril 2025. Le thème central de cet événement était : « Engageons-nous à l’appropriation du GENOCOST, à la reconnaissance internationale du génocide commis sur les territoires de la RDC pour la promotion de la culture de la paix. »

Devant plusieurs membres du gouvernement ce jeudi 03 février à l’hôtel Hilton, la ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie, Thérèse Kayikwamba Wagner, représentante de la Première ministre empêchée, a rappelé que le 31 mars 2025, une table ronde a été lancée à Kinshasa par le Président Félix Tshisekedi pour promouvoir la reconnaissance internationale du génocide en RDC et favoriser une culture de paix. Cet événement vise à éveiller la conscience collective sur les atrocités subies par des millions de Congolais. Divers experts ont contribué aux discussions, posant les bases d’une appropriation collective du génocide et d’un plaidoyer pour sa reconnaissance.

Elle a également affirmé que le gouvernement a soutenu activement ces travaux, validé des stratégies d’appropriation et prévoit d’organiser un colloque international pour renforcer le plaidoyer. Un fonds pour soutenir la recherche sur le génocide sera également créé. Les recommandations issues des discussions seront examinées par le gouvernement pour garantir leur mise en œuvre, affirmant son engagement envers les victimes et leur dignité.

Trois objectifs majeurs ont été assignés à cette table ronde :

  1. Construire une stratégie d’appropriation collective du GENOCOST au niveau national.
  2. Élaborer un plaidoyer pour la reconnaissance internationale du génocide en RDC.
  3. Réfléchir sur les méthodes de promotion d’une culture de la paix.

Les axes stratégiques de la réflexion

Les travaux de la table ronde ont été préparés en amont par un comité scientifique qui a identifié sept axes clés :

Axe éducatif : Intégration du GENOCOST dans les programmes scolaires et sensibilisation des jeunes à travers des formations spécifiques.

Axe universitaire et recherche scientifique : Organisation de colloques et de conférences, renforcement de la recherche et de la documentation historique.

Politique mémorielle : Érection de sites mémoriels et élaboration d’une législation spécifique pour préserver la mémoire des victimes.

Culture et art : Promotion des œuvres dédiées au GENOCOST à travers des expositions, festivals et musées.

Rôle des médias et leaders d’opinion : Lutte contre le négationnisme et le révisionnisme par le biais de la communication et des médias.

Reconnaissance internationale : Stratégies diplomatiques et juridiques pour obtenir la reconnaissance du génocide congolais.

Promotion de la culture de la paix : Initiatives pour renforcer la cohésion sociale et prévenir les violences futures.

Principales recommandations

Les discussions ont abouti à des recommandations concrètes, parmi lesquelles :

Intégrer l’enseignement du GENOCOST dès le préscolaire avec des outils pédagogiques adaptés.

Renforcer les capacités des enseignants et chercheurs sur l’histoire des génocides en RDC.

Instaurer une journée nationale de commémoration.

Favoriser la coopération internationale pour la reconnaissance et la poursuite des auteurs des crimes.

Mettre en place des mécanismes de justice transitionnelle pour garantir la réparation des victimes.

Promouvoir des initiatives de réconciliation et de dialogue intercommunautaire.

Vers un avenir de justice et de mémoire

Le GENOCOST s’impose comme un projet national majeur, unissant forces politiques, académiques et sociales pour transformer la mémoire collective en un moteur de paix et de justice.

« Plus jamais seul. Ne pas oublier. Ne jamais répéter. Commencer à guérir. » Ces mots résument l’essence même du GENOCOST, un combat pour la mémoire, la reconnaissance et la paix.

Jolga Luvundisakio