Lors de la Journée diocésaine des jeunes, ce dimanche 23 novembre à Kinshasa, sur l’esplanade du Palais du peuple, le Cardinal Fridolin Ambongo Besungu a adressé un message fort de paix, d’unité et de responsabilité à la jeunesse chrétienne.
Saluant le rôle crucial que les jeunes joueront dans l’avenir du pays, il a estimé indispensable la mise en place d’un programme national d’encadrement :
« En tant qu’élue du peuple, j’estime qu’il est judicieux que le gouvernement lance un programme ambitieux pour accompagner cette jeunesse qui assurera bientôt la gestion des institutions et de la chose publique », a-t-il souligné.
Le Cardinal Ambongo est longuement revenu sur le Pacte social pour la paix, une initiative conjointe de l’Église catholique et de l’Église du Christ au Congo (ECC), aujourd’hui présentée comme l’espoir majeur pour une réconciliation durable au sein du pays.
Alors que la convocation d’un dialogue national autour de ce projet tarde à se concrétiser, et que circulent des rumeurs de tentatives de contournement, le Cardinal a lancé un avertissement clair : aucune initiative déconnectée des causes profondes des crises congolaises ne saurait apporter de solution durable.
« L’espérance d’unité, de réconciliation et de paix repose aujourd’hui sur le projet du Pacte pour la paix, qui vise à retisser notre histoire commune, à toucher les racines profondes du conflit et à impliquer tous les acteurs, spécialement vous, les jeunes. Inspiré du concept de Bumuntu, notre être relationnel, ce processus doit rassembler toutes les forces vives du pays.
Toute initiative limitée à des arrangements entre politiciens, sans prise en compte des souffrances de notre peuple, est vouée à l’échec et portera en elle de nouvelles crises. Nous devons tous nous asseoir autour d’une même table », a insisté le Cardinal Ambongo.
La feuille de route présentée par les confessions religieuses vise à soutenir les efforts diplomatiques internationaux, notamment ceux des États-Unis et du Qatar, engagés via l’Accord de Washington et le processus de Doha.
Pourtant, le Président Félix Tshisekedi maintient sa position : aucun dialogue national ne peut être organisé en dehors de son initiative personnelle.
Lors de ses récentes déclarations, à Kinshasa comme à l’étranger, le Chef de l’État a réaffirmé son ouverture à un dialogue, tout en rejetant toute influence extérieure dans son organisation. Selon lui, les accords diplomatiques en cours permettront à la RDC de se protéger de toute tentative de déstabilisation, notamment sur le plan sécuritaire.
Assiyah Tshamunyongue
