5 mars 2026

Éliminées dès la phase de groupes, les Léopards dames quittent la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2024 avec un bilan peu reluisant : trois matchs, trois défaites, deux buts marqués, neuf encaissés. La RDC termine dernière du groupe A, synonyme d’élimination précoce dans cette compétition continentale.

Après douze longues années d’absence sur la scène continentale leur dernière participation remontant à 2012 , les Congolaises espéraient revenir avec plus d’ambition. Mais très vite, la réalité de la compétition les a rattrapées.

Un espoir vite éteint

Au coup d’envoi de la troisième journée, un mince espoir subsistait : celui d’arracher une place parmi les meilleurs troisièmes. Encore fallait-il réaliser un exploit contre la Zambie. Malheureusement, les Léopards n’ont jamais réussi à inquiéter les Cooperqueens, qui se sont imposées 1-0 et ont validé leur qualification aux côtés du Maroc, pays hôte.

Battues successivement par le Sénégal (4-0), le Maroc (4-2) et la Zambie (1-0), les Congolaises quittent le tournoi sans avoir véritablement existé. En 2012 déjà, leur aventure s’était arrêtée au même stade, en phase de groupes. L’on se dit. Des raisons peut-être.

Un staff technique instable

Depuis leur qualification obtenue sous Papy Kimoto, la RDC n’a jamais bénéficié d’un staff technique stable. Chaque regroupement s’accompagnait d’un nouvel entraîneur, empêchant toute cohésion durable dans l’équipe. L’arrivée tardive d’Hervé Happy n’a rien arrangé. Résultat : une ossature fragile, sans repères, et une stratégie de jeu brouillonne.

Une motivation plombée par des problèmes internes

À la veille de leur entrée en lice contre le Sénégal, certaines joueuses menaçaient de boycotter le match. En cause : des retards dans le paiement des primes et frais de mission. Dans ces conditions, difficile d’espérer un engagement total sur le terrain. Le moral du groupe était visiblement affecté dès le départ.

Si les équipes performantes s’appuient sur des leaders solides, ce ne fut pas le cas pour les Léopards dames. Kanjinga, Kabakaba, Kasaj et surtout Ngoy gardienne et capitaine, reléguée sur le banc pour le dernier match, sont passées à côté de leur tournoi. Loin de tirer le groupe vers le haut, elles ont peiné à s’imposer dans les moments cruciaux, que sur le terrain et même sur les affaires extra-terrains.

Il faudrait également ajouter sur ces contre-performances, des choix techniques discutables du Staff technique. Dès sa prise de fonctions, Hervé Happy a opéré de nombreux changements dans l’effectif, intégrant de nouvelles joueuses qui n’ont jamais réellement trouvé leur place. Ces ajustements tardifs ont désorganisé davantage une équipe déjà fragile, sans que les résultats ne suivent.

L’heure du bilan

La CAN Maroc 2024 s’achève donc dans la déception pour la RDC. Mais au-delà de l’échec, cette participation doit servir de leçon. Le football féminin congolais a du potentiel, mais il a besoin d’un projet sérieux, structuré, stable, et surtout, d’un vrai respect des athlètes.

Il ne suffit plus de se qualifier : il faut désormais exister dans la compétition. Se preparer d’avantage.

Dan Bonganga