Les mouvements citoyens en République démocratique du Congo ( RDC) ne cessent d’avoir une saveur politique en lieu et place d’être plus ou moins neutre, ou défendre et promouvoir une cause sociale via des actions concrètes sur terrain pour le bien-être des populations. C’est ce qu’ a indiqué Yves Kimpunga Deba, Coordonnateur honoraire du mouvement citoyen du 30 juin, à Cumulard.cd, ce mercredi 04 février.
Pour Yves Kimpunga, l’activiste de mouvement citoyen a pour rôle de défendre et promouvoir une cause sociale ou politique (droits humains, climat, égalité) par des actions concrètes et directes, agissant comme porte-parole pour sensibiliser, challenger les décideurs, et mobiliser les citoyens pour provoquer les changements. Ce, en initiant des manifestations, des pétitions en ligne des actions locales, tout en privilégiant l’action sur la théorie pour transformer la société sans une quelconque violence.
Il dénonce le recrutement des activistes par des politiciens au nom des intérêts égoïstes en lieu et place du bien-être des populations.
“Mais de nos jours, nous constatons une contradiction très sérieuse sur le rôle des activistes dans notre pays. Les politiciens congolais les recrutent pour defendre leurs intérêts égoïste il y a des activistes (pro Fayulu, pro moise, pro Katumbi, pro Tshisekedi et autres) ce qui déstabilise des mouvements citoyens.
Les mouvements citoyens sont censés être indépendants, inclusifs et non partisans. Contrairement en RDC, l’implication des activistes est associée aux visages des leaders politiques, ceci fragilise les structures citoyennes”, a-t-il dit en substance.
Une déstabilisation à 5 niveaux
Selon Yves Kimpunga, cette déstabilisation se manifeste à plusieurs niveaux et autour de 5 points. Il s’agit entre autres de :
- La Politisation interne des mouvements citoyens.
Les activistes pro-Fayulu, pro-Moïse Katumbi, pro pouvoir, introduisent souvent des agendas politiques personnels au sein de mouvements qui se veulent citoyens.
- Ils transforment des revendications citoyennes (justice, sécurité, gouvernance) en messages de soutien ou de rejet ciblés envers des acteurs politiques. Cela crée des clivages internes entre militants qui souhaitent rester neutres et ceux qui veulent aligner le mouvement a une vision des politiciens (opposition politique ou soit au pouvoir).
Nous avons comme résultat, la perte de l’unité et la confusion sur la mission du mouvement citoyen.
- L’Instrumentalisation des mobilisations citoyennes.
Ces activistes peuvent chercher à :
- Orienter les manifestations citoyennes vers des objectifs électoraux ou stratégiques liés à Fayulu, Katumbi, Kabila, Tshisekedi ou d’autres figures politiques.
- Utiliser les plateformes citoyennes comme tribunes de campagne déguisée, surtout en période pré- électorale ou post-électorale. Cela expose les mouvements citoyens à la répression, à la suspicion de financement politique et à la perte de crédibilité auprès de la population.
- Stratégies de discrédit et de sabotage
Dans certains cas, les activistes politiquement alignés :
- Accusent d’autres mouvements citoyens d’être pro-pouvoir, vendus ou infiltrés, sans preuves solides.
- Encouragent des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux, visant à affaiblir des leaders citoyens indépendants.
- Provoquent des conflits de leadership pour prendre le contrôle ou diviser le mouvement. Ces pratiques créent un climat de méfiance permanente entre mouvements citoyens.
- Glissement vers le tribalisme et le régionalisme
Certains activistes pro-leaders politiques exploitent aussi :
- Les identités ethniques ou régionales associées à Fayulu, Katumbi, Tshisekedi et autres.
- Des discours de victimisation ou de domination régionale pour rallier des membres.
Cela fragmente davantage les mouvements citoyens et détourne le débat des véritables enjeux nationaux.
- Affaiblissement global de la société civile
Vivement des mouvements citoyens non à la solde des politiciens
À long terme, l’action de ces activistes entraîne :
- Une concurrence malsaine entre mouvements citoyens.
- La perte de confiance du peuple, qui ne distingue plus mouvement citoyen et parti politique.
Un affaiblissement de la capacité de pression citoyenne collective face au pouvoir en place.
Ironiquement, cette fragmentation profite souvent :
- Au pouvoir en place;
- Ou à d’anciens réseaux politiques expérimentés (y compris ceux proches de Kabila), capables de tirer avantage d’une société civile divisée.
En somme, les activistes pro-Fayulu, pro-Katumbi et pro-pouvoir ne déstabilisent pas les mouvements citoyens par leur engagement politique en soi, mais par le refus de séparer militantisme citoyen et combat partisan. Lorsqu’un mouvement citoyen devient un champ de bataille entre camps politiques, il perd son essence, sa La survie.
Pour le Coordonnateur honoraire du mouvement citoyen du 30 juin , l’ efficacité des mouvements citoyens en RDC passe inéluctablement par :
- Une charte claire de neutralité politique,
- Des mécanismes internes de prévention des infiltrations partisanes,
- Et une culture de responsabilité et de transparence.
Paulin ARAMA
