13 août 2026

La Coalition C64 a annoncé, ce lundi, le report de la marche pacifique qu’elle prévoyait d’organiser ce mercredi 22 juillet, affirmant vouloir « donner une chance au dialogue » annoncé le week-end dernier par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.

Dans une déclaration rendue publique à l’issue d’une séance de travail tenue samedi avec la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), les cinq leaders de cette plateforme de l’opposition expliquent avoir répondu à l’appel des deux confessions religieuses, qui leur avaient demandé de surseoir à leur manifestation afin de favoriser la tenue d’un dialogue national.

Selon la C64, cette décision ne constitue pas un recul politique, mais un acte de responsabilité.

« Cette décision constitue un geste de responsabilité. Elle traduit la volonté de la Coalition d’épuiser toutes les voies du dialogue avant d’envisager toute nouvelle mobilisation citoyenne. Elle ne saurait être interprétée comme un renoncement à la défense de l’ordre constitutionnel ni comme un affaiblissement de sa détermination », souligne la déclaration.

Toutefois, l’opposition fixe un délai précis au pouvoir. Elle exige que le dialogue national inclusif soit officiellement convoqué au plus tard le 15 août 2026. À défaut, elle promet de relancer la mobilisation populaire.

« Si le dialogue national inclusif n’est pas officiellement convoqué au plus tard le 15 août 2026, ou si les engagements annoncés demeurent sans traduction concrète, la Coalition en tirera toutes les conséquences politiques et appellera le peuple congolais, dans le strict respect de la Constitution et des lois de la République, à reprendre les actions citoyennes pacifiques nécessaires à la défense de l’ordre constitutionnel, de la démocratie, de l’État de droit et de l’avenir de la Nation », avertit la C64.

La plateforme indique également prendre acte de l’annonce faite par la Présidence de la République d’un « dialogue inclusif, apaisé, résolument républicain, dans le respect des institutions et de la Constitution ». Elle insiste néanmoins sur le fait que ce cadre de concertation ne doit en aucun cas servir de prétexte à une remise en cause de la Loi fondamentale.

Pour la C64, le dialogue devra plutôt porter sur les principales préoccupations du pays, notamment la guerre dans l’Est de la RDC, la crise de gouvernance, les difficultés économiques et sociales, ainsi que les réformes indispensables pour consolider la paix, la démocratie et l’unité nationale.

Enfin, la coalition réclame des mesures de décrispation politique afin de favoriser un climat propice aux discussions. Elle met également en garde contre toute initiative susceptible de relancer le processus de révision constitutionnelle, citant notamment une éventuelle promulgation de la loi sur le référendum, qu’elle considère comme incompatible avec l’esprit du dialogue annoncé.

La rédaction