La plénière de ce mercredi 16 septembre, présidée par le Premier Vice-président de l’Assemblée nationale, a été marquée par de vives tensions. Alors que des pétitions visant plusieurs membres du bureau, dont le 2ᵉ vice-président Vital Kamerhe, sont en cours d’examen, le député Justin Bitakwira a enflammé l’hémicycle par une intervention musclée et imagée.
Une sortie percutante
Élu de Bukavu, Bitakwira n’a pas mâché ses mots. S’inspirant de la sagesse de sa grand-mère, il a cherché à sensibiliser ses collègues sur la perception des Congolais en cette période de crise sécuritaire.
« Je viens du front et le peuple se demande si nous sommes dans une république normale où une ou plusieurs parties du pays sont occupées. Et quand ce peuple nous regarde, il pense qu’il a en face de lui des inconscients », a-t-il lancé, sous les protestations d’une partie de l’assemblée.
Plus loin, il a ajouté :
« Quand une maison brûle, on fait appel aux extincteurs et non à ceux qui allument le feu. Je suis devant vous comme un témoin des massacres, des morts… »
Malgré les interruptions, il a tenu à conclure avec fermeté :
« Si pour une fois, en tant que griot national, on n’a pas besoin de m’écouter, je cède le micro pour ne rien dire. »
Un contexte politique tendu
Cette séance se tient dans un climat électrique, marqué par le dépôt de pétitions contre plusieurs membres du bureau, dont celle visant Vital Kamerhe, 2ᵉ vice-président. Selon des sources parlementaires, plus de 70 signatures ont déjà été recueillies pour exiger des mises en cause, et même le Premier Vice-président pourrait être visé.
Les prochaines heures s’annoncent décisives pour l’avenir du bureau de l’Assemblée nationale, dans un pays déjà fragilisé par de lourds défis sécuritaires et institutionnels.
