Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont fermement dénoncé ce qu’elles qualifient de “matraquage médiatique” orchestré par les terroristes AFC/M23 et leurs “maîtres à penser rwandais” concernant le rapatriement au Rwanda, samedi 01 mars, de 14 présumés combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Dans un communiqué de presse publié le 1er mars, l’armée congolaise a qualifié cette opération de “montage de mauvais goût” visant à discréditer les forces loyalistes et celles de la Communauté de développement de l’Afrique australe ( SADC).
« Pour les FARDC, cette action est un montage orchestré dans le but de discréditer notre armée et les forces de la SADC. Cela s’inscrit également dans la stratégie rwandaise visant à justifier l’invasion d’une partie du territoire de la RDC », peut-on lire dans ce communiqué signé par le porte-parole des FARDC, Sylvain Ekenge Bomusa Efomi.
Les FARDC ont également souligné que parmi les individus présentés comme des combattants FDLR capturés à Goma figurait Patrick Ishimwe, déjà présenté par les médias rwandais à Kigali le 22 janvier dernier. L’armée congolaise s’interroge sur la présence de son nom sur la liste des combattants rapatriés au Rwanda.
En outre, les FARDC accusent les autorités rwandaises d’avoir habillé d’anciens combattants FDLR détenus dans la prison de Gitarama au Rwanda avec des uniformes militaires neufs des FARDC, afin de les faire passer pour des combattants capturés à Goma.
« Les autorités rwandaises, spécialisées dans l’art du mensonge et de la manipulation, ont pris des anciens FDLR détenus dans la prison centrale de Gitarama au Rwanda et les ont habillés en tenues militaires neuves des FARDC, récupérées dans un dépôt, pour les faire passer comme des combattants FDLR capturés à Goma », a-t-on ajouté.
Les FARDC affirment également que le général FDLR Gakwerere, figurant sur la liste, est depuis longtemps au service du président rwandais Paul Kagame et qu’il aurait été responsable du massacre de milliers de Congolais. Elles dénoncent par ailleurs l’exécution sommaire par l’armée rwandaise de militaires malades et blessés de guerre trouvés dans l’hôpital du camp Katindo à Goma.
Notons que cette déclaration intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda, ce dernier étant accusé de soutenir le groupe armé M23, qui sévit dans l’est de la RDC. La présence des FDLR dans l’Est de la RDC est l’une des raisons avancées par Kigali pour justifier la présence de ses troupes aux côtés du M23.
Nervy Kadiebue
