La coalition de l’opposition C64 appelle à une journée « ville morte » ce mercredi 3 juin à travers le pays afin de protester contre la proposition de loi sur l’organisation du référendum, actuellement au centre du débat politique. Pour les opposants, ce texte constitue une première étape vers une révision de la Constitution qui pourrait, selon eux, modifier les équilibres institutionnels actuels.
Les leaders de la coalition, parmi lesquels Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga, invitent la population à suspendre ses activités quotidiennes pour exprimer son rejet de cette initiative. Ils demandent notamment aux parents de garder leurs enfants à la maison et aux citoyens de s’abstenir de fréquenter les marchés, les écoles et les lieux de travail durant cette journée de mobilisation.
Au-delà de la question référendaire, l’opposition estime que le contexte sécuritaire marqué par la persistance de la guerre dans l’Est du pays ne se prête pas à l’ouverture d’un débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle. Les responsables du C64 considèrent que les priorités nationales devraient avant tout porter sur le rétablissement de la paix et la sécurité des populations.
À Kinshasa, plusieurs formations politiques membres de la coalition ont multiplié les appels à la mobilisation. Elles préviennent que si le projet franchit les différentes étapes législatives, d’autres actions de contestation pourraient être engagées afin d’empêcher toute modification de la Constitution.
Pour de nombreux observateurs, cette journée représente un véritable test pour l’opposition congolaise, souvent confrontée à des difficultés de mobilisation ces dernières années. L’ampleur de la participation permettra de mesurer sa capacité à fédérer la population autour d’une cause commune et à peser davantage dans le débat politique national.
Face à cette initiative, les autorités sécuritaires se veulent vigilantes. La Police nationale congolaise a renforcé son dispositif à Kinshasa afin de prévenir d’éventuels troubles à l’ordre public. Les responsables de la sécurité assurent que les citoyens souhaitant poursuivre normalement leurs activités pourront le faire sans entrave.
Cette démonstration de force intervient dans un contexte de forte polarisation politique. Alors que l’opposition affiche son rejet de toute réforme constitutionnelle, les partisans du changement annoncent également une mobilisation le 5 juin pour soutenir leur vision des réformes institutionnelles.
L’issue de la journée « ville morte » du 3 juin sera donc scrutée avec attention. Elle pourrait constituer un indicateur important du rapport de force entre l’opposition et le pouvoir à l’approche des prochaines grandes échéances politiques du pays.
Rédaction
