18 septembre 2026

La République démocratique du Congo poursuit ses efforts pour sortir de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), avec une nouvelle étape importante prévue à Kinshasa. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a officiellement lancé, le lundi 8 septembre au Centre financier de Kinshasa, les ateliers techniques préparatoires à la visite sur place des experts du GAFI.

Cette mission constitue un test majeur pour la RDC, engagée depuis plusieurs années dans le renforcement de son dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Aux côtés du ministre des Finances figuraient notamment le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko, ainsi que le secrétaire exécutif de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), le haut magistrat Alder Kisula Betika Yeye.

L’enjeu est de démontrer les progrès réalisés par le pays depuis son inscription sur la liste grise du GAFI en 2022. Les autorités congolaises devront notamment prouver l’efficacité des mécanismes de contrôle, la capacité des institutions à détecter les opérations suspectes et la mise en œuvre concrète des réformes engagées.

Le ministre des Finances a ainsi présenté plusieurs chantiers destinés à renforcer la crédibilité financière du pays. Parmi eux figurent l’amélioration du marché des capitaux, la diversification des sources de financement de l’économie, le développement du marché boursier de Kinshasa et la mise en place d’un cadre réglementaire plus solide pour les activités financières.

D’autres mesures concernent la fiscalité et la mobilisation des recettes publiques. La télédéclaration de la TVA, la lutte contre la fraude ainsi que l’élargissement de l’assiette fiscale sont présentés comme des leviers essentiels pour améliorer la gouvernance financière et accroître les ressources de l’État.

Au-delà des réformes financières, Kinshasa mise également sur des investissements structurants. Le gouvernement entend notamment accélérer le développement des infrastructures routières, énergétiques et logistiques afin de réduire les coûts de production et de transport. La réhabilitation de la RN4, reliant notamment le bassin agricole du Tshopo à l’Ituri, est citée comme un projet stratégique susceptible de stimuler les échanges et de réduire les coûts logistiques.

Pour Doudou Fwamba, l’objectif est clair : permettre à la RDC de retrouver une plus grande crédibilité auprès des investisseurs et des partenaires internationaux. La sortie de la liste grise du GAFI constituerait, à terme, un signal positif pour le système financier congolais, en facilitant les transactions, en renforçant la confiance des banques et en améliorant l’attractivité économique du pays.

La prochaine évaluation du GAFI apparaît donc comme un véritable examen pour Kinshasa. Le gouvernement devra démontrer que les réformes annoncées ne se limitent pas aux textes, mais produisent des résultats concrets et durables dans la lutte contre les flux financiers illicites.

Jolga Luvundisakio