2 juin 2026

De gauche à droite : Me Crispin Mbuangi (avocat de PHC), Christian Kabuya (Directeur en charges des relations publiques) et Blanchard Vuvu (tax manager) de PHC

La société Plantations et Huileries du Congo S.A. (PHC S.A.) est sortie de son silence pour répondre aux nombreuses allégations relayées dans certains médias et sur les réseaux sociaux faisant état d’un prétendu « bradage » ou d’une vente des actions de l’État congolais au sein de son capital social.

Au cours d’un point de presse organisé à Kinshasa ce lundi 01 juin 2026, la direction de l’entreprise a catégoriquement rejeté ces accusations, qu’elle qualifie de « contre-vérités », estimant qu’elles reposent sur une mauvaise compréhension de la situation juridique et financière de son actionnariat.

Une participation jamais libérée selon PHC

Selon les explications fournies par PHC, lors de la constitution de la société, l’État congolais s’était vu attribuer 23,76 % des parts sociales. Toutefois, cette participation n’aurait jamais été effectivement libérée, faute d’apport des fonds correspondants par l’État.

La société affirme que les engagements financiers de l’État étaient évalués à plus de 80 millions de dollars américains et qu’au cours des vingt-cinq dernières années, plusieurs sollicitations auraient été adressées aux autorités compétentes afin de régulariser cette situation, sans résultat concret.

« L’État congolais ne pouvait être considéré comme un actionnaire actif faute d’avoir honoré ses engagements financiers », a expliqué Christian Kabuya, directeur en charge des relations publiques et institutionnelles de PHC.

Une augmentation de capital décisive en 2025

La direction de PHC indique qu’en 2025, dans le cadre d’un vaste programme de modernisation de ses installations industrielles et de renforcement de sa capacité de production, une augmentation de capital a été proposée à l’ensemble des actionnaires.

Dans ce processus, l’État congolais aurait été invité à contribuer à hauteur de 23 millions de dollars, tandis que les actionnaires privés majoritaires devaient mobiliser environ 70 millions de dollars.

Selon l’entreprise, les autorités congolaises ont fait savoir qu’elles ne disposaient pas des mécanismes budgétaires nécessaires pour participer à cette opération financière. Face à cette situation, l’actionnaire privé majoritaire aurait assumé seul les investissements requis pour assurer la continuité des activités de la société.

« Aucune vente ni cession des actions de l’État »

PHC insiste sur le fait qu’il n’y a eu ni vente ni cession des actions de l’État congolais. La société soutient que les parts concernées n’ayant jamais été libérées, elles ne pouvaient faire l’objet d’une transaction telle que présentée dans certaines publications.

L’entreprise affirme également que l’État a volontairement choisi de se retirer du processus, une démarche qui aurait permis d’éviter l’application de certaines dispositions prévues par le droit OHADA à l’égard des actionnaires défaillants.

Selon la direction, les conséquences observées aujourd’hui découlent exclusivement du non-respect des obligations financières initialement souscrites et non d’une quelconque opération de cession.

Un acteur économique majeur

Au-delà de cette controverse, PHC rappelle son rôle dans l’économie nationale. L’entreprise affirme employer plus de 11 000 travailleurs sous contrat direct, dont plus de 90 % sont établis dans les provinces de la Mongala, de la Tshopo et de l’Équateur.

La société souligne également sa contribution aux recettes fiscales et parafiscales du pays ainsi que les investissements réalisés dans les communautés locales autour de ses sites d’exploitation.

Appel à la responsabilité

La direction de PHC estime que les accusations portées contre l’entreprise risquent d’affecter le climat des affaires et la stabilité sociale dans les régions où elle exerce ses activités.

Elle invite ainsi l’opinion publique à prendre en considération les éléments de clarification présentés et réaffirme sa volonté de poursuivre ses investissements dans le développement de ses plantations, le bien-être de ses travailleurs et la croissance économique des zones concernées.

« Ce dossier est avant tout une question de gouvernance d’entreprise et de respect des engagements financiers. Il ne doit pas être mêlé à des considérations politiques », a conclu la direction de PHC lors de cette rencontre avec la presse.

La rédaction