Le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a livré mercredi, à la tribune de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies, un discours empreint de gravité. Devant la communauté internationale réunie à New York, le chef de l’État congolais a dressé un constat alarmant de l’état du monde, marqué selon lui par l’affaiblissement du droit international, la multiplication des conflits et la résurgence des logiques guerrières.
« La rhétorique guerrière regagne du terrain et l’on assiste, impuissants, au retour des vieux démons : agressions armées, guerres de prédation des ressources et de conquête d’espaces vitaux, qui n’épargnent aucun continent », a déclaré Félix Tshisekedi, évoquant notamment les conflits en Ukraine, au Yémen, en Birmanie, en Syrie ainsi que la guerre meurtrière dans la bande de Gaza.
La tragédie congolaise replacée dans le chaos mondial
Le président congolais a inscrit la crise persistante de l’Est de la RDC dans ce tableau mondial de violences. « Depuis trois décennies, la paix et la sécurité sont brisées à l’Est de la République démocratique du Congo. Cette guerre s’est muée en entreprise prédatrice : elle vise à piller nos ressources, effacer notre mémoire collective et détruire nos communautés », a-t-il dénoncé, ajoutant que les violences commises par l’armée rwandaise et les rebelles du M23-AFC portent les « marqueurs d’un génocide ».
« Si le monde hésite encore à nommer notre douleur, nous n’attendrons pas. Nous en sommes les premiers témoins, nous en serons les premiers artisans de justice », a insisté Félix Tshisekedi, tout en appelant à la solidarité internationale et au respect du droit. « Le Congo ne sollicite ni charité ni commisération. Il exige justice, vérité et dignité. »
Justice et lutte contre l’impunité
Martelant qu’il n’est pas question de garantir l’impunité à ceux qui déstabilisent la RDC depuis plus de trente ans, le président congolais a salué les initiatives diplomatiques entreprises par Washington et Dowa en faveur de la paix dans la région des Grands Lacs.
Engagement au Conseil de sécurité
En conclusion, Félix Tshisekedi a réaffirmé la volonté de la RDC d’assumer un rôle actif au sein des Nations unies. Membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2026 – 2027, le pays entend mettre son expérience au service de la communauté internationale.
« Notre participation sera résolument constructive et holistique. Elle s’articulera autour de deux priorités indissociables : paix et sécurité, d’une part, et prévention et résolution des conflits, d’autre part », a-t-il assuré.
Le chef de l’État a également promis une contribution significative au Nouvel Agenda pour la paix, notamment à travers la réforme des opérations de maintien de la paix et l’adaptation du système de sécurité collective des Nations unies aux réalités contemporaines.
