Dans une déclaration politique forte, rendue publique, il y a au moins vingt quatre heures, le Groupe parlementaire Ensemble, seule formation d’opposition à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé la suspension de sa participation aux travaux parlementaires relatifs à la proposition de loi organisant le référendum constitutionnel.
Ce communiqué, rendu public à Kinshasa, exprime une opposition catégorique à la démarche du pouvoir en place, incarné par la coalition Union Sacrée de la Nation, qui cherche à modifier la Constitution.
Les députés du Groupe Ensemble dénoncent un « forcing » de la majorité visant à changer la Constitution en violation des articles 219 et 220, et qualifient ce projet de « macabre ».
Ils soulignent que cette initiative intervient dans un contexte dramatique où plusieurs régions du pays, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et le Haut-Uélé, sont en proie à l’insécurité causée par des groupes rebelles, l’armée rwandaise et les terroristes des ADF, ayant déjà provoqué des millions de morts, des déplacements massifs de populations et la déclaration de l’état de siège dans certaines provinces.
Il met en garde contre les conséquences de cette réforme constitutionnelle, qui viserait à modifier le nombre et la durée des mandats présidentiels ainsi qu”à réduire les compétences des provinces.
Dans l’optique démarche qu’il qualifie de « suicidaire » et de risque de « consacrer la dictature » ainsi que la « balkanisation » du pays.
Le respect de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale
Ils appellent au respect de l’intégrité territoriale, de la paix, de l’unité nationale et au développement, valeurs qu’ils jugent menacées par ces projets.
Dans sa déclaration, le Groupe parlementaire Ensemble interpelle également le président de la République, garant de la Constitution, à mettre fin à ces initiatives qu’il considère comme légitimant la rébellion dans l’Est du pays. Il invite enfin le peuple congolais à s’opposer à ce « projet macabre et dangereux pour la survie de la nation ».
Christian Mwando Nsimba, président du groupe, signe ce communiqué qui marque une fracture nette entre l’opposition et la majorité présidentielle, dans un contexte politique déjà tendu et marqué par des défis sécuritaires majeurs.
Cette prise de position ferme pourrait avoir des répercussions importantes sur le climat politique national et la stabilité institutionnelle à l’approche d’un référendum constitutionnel controversé.
Assiyah tshamunyongue
