29 août 2026

À l’approche des prochaines échéances des éliminatoires de la Coupe du monde 2027, les Léopards Basketball se retrouvent dans une situation préoccupante. Alors que la sélection congolaise doit batailler pour poursuivre son parcours qualificatif, des difficultés organisationnelles et financières menacent la préparation de l’équipe et alimentent les inquiétudes autour de sa participation. Si les regards se tournent naturellement vers l’État, accusé de ne pas suffisamment accompagner la sélection, une autre responsabilité est désormais pointée du doigt : celle de la Fédération de basketball du Congo (FEBACO).

Une situation qui ne date pas d’aujourd’hui

Les difficultés actuelles posent la question de l’anticipation de la fédération. Lors des campagnes de 2017 et 2019, les Léopards avaient réussi à aller loin dans les compétitions internationales grâce notamment au préfinancement de certaines opérations par la fédération de l’époque, avant une intervention de l’État pour la prise en charge des primes. Cette expérience aurait donc pu servir de référence aux dirigeants actuels pour préparer suffisamment tôt les échéances internationales.

Pour les observateurs, attendre les derniers jours avant une compétition pour rechercher les moyens nécessaires expose inévitablement la sélection à des difficultés. La préparation d’une équipe nationale, particulièrement dans une discipline comme le basketball, nécessite pourtant une planification financière et logistique plusieurs mois, voire une année, à l’avance.

Quel rôle pour la FEBACO ?

Au-delà de l’organisation des compétitions nationales, une fédération sportive doit être capable d’anticiper les échéances internationales et de mobiliser des ressources complémentaires. Cela passe notamment par la recherche de sponsors et de partenaires privés, la valorisation de l’image de la sélection nationale et la mise en place d’une stratégie permettant de rendre la discipline plus attractive auprès des entreprises.

La FEBACO est également appelée à développer davantage le basketball sur l’ensemble du territoire national. La RDC compte onze anciennes provinces et un important vivier de jeunes talents, mais le développement de la discipline reste encore fortement concentré dans quelques centres. Une politique de développement plus structurée permettrait de renforcer le réservoir de joueurs et, à terme, de consolider les performances des équipes nationales.

La question de la transparence financière

Dans ce contexte, la gestion des ressources constitue également un sujet de débat. Certains observateurs s’interrogent sur l’utilisation des budgets mobilisés lors des précédentes campagnes des équipes nationales et souhaitent davantage de transparence de la part de la fédération. La publication régulière des ressources reçues et des dépenses engagées pourrait contribuer à renforcer la confiance entre la FEBACO, les autorités publiques, les partenaires privés et les supporters.

Il serait toutefois réducteur de faire porter l’ensemble de la responsabilité sur la fédération. L’accompagnement de l’État demeure essentiel pour les équipes nationales, particulièrement lorsqu’il s’agit de participer à des compétitions internationales. Le basketball congolais souffre depuis plusieurs années d’un manque de moyens et d’une attention largement dominée par le football. Mais cette réalité ne dispense pas les responsables fédéraux de mettre en place des mécanismes permettant de réduire leur dépendance aux financements publics.

Des Léopards sous pression

La conséquence directe de cette situation se fait déjà sentir au niveau de la sélection. Les difficultés liées à la préparation et à la prise en charge peuvent fragiliser le groupe et pousser certains joueurs à renoncer à rejoindre l’équipe nationale. À terme, c’est la compétitivité des Léopards et leurs chances de poursuivre leur parcours qualificatif pour le Mondial 2027 qui pourraient être affectées.

Le débat dépasse donc la seule question du financement d’un rassemblement. Il pose celle du modèle de gestion du basketball congolais. Une fédération moderne doit être capable de planifier, de rechercher des partenaires, de communiquer efficacement et de construire une stratégie financière durable.

Le gouvernement doit certes assumer sa part de responsabilité dans l’accompagnement des équipes nationales. Mais la FEBACO doit également démontrer sa capacité à anticiper et à construire un projet indépendant des financements publics. Le basketball congolais dispose du talent, d’un public et d’un potentiel important. Ce qui lui manque encore, c’est une véritable stratégie fédérale capable de transformer ces atouts en performances durables sur la scène internationale.

Emerode Kamba