22 septembre 2026

À Bruxelles, le président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a lancé un vibrant appel à son homologue rwandais, Paul Kagame, pour mettre un terme à l’escalade des tensions entre les deux pays. C’était à l’occasion du Global Gateway Forum 2025, un rendez-vous international axé sur la coopération et le développement, en présence de plusieurs chefs d’État et partenaires internationaux.

Dans un discours empreint de fermeté et d’émotion, le chef de l’État congolais s’est exprimé en homme de paix, affirmant qu’il n’a jamais eu de visées hostiles à l’égard du Rwanda, de l’Ouganda ou de l’un des neuf voisins de la RDC :

« Nous avons eu des tensions, certes, mais toujours dans l’esprit de rapprocher nos peuples et de travailler ensemble pour le développement et le bien-être de nos communautés. À aucun moment je n’ai affiché une attitude belliqueuse envers le Rwanda ou un autre pays voisin », a-t-il déclaré.

Félix Tshisekedi a rappelé les efforts déployés dans le cadre des initiatives régionales, notamment sous la médiation du président Joar Loren, alors président en exercice de l’Union africaine. Selon lui, un accord de paix était à “98 % conclu” avant d’être compromis par un boycott inattendu du Rwanda :

« Nous étions à quelques encablures de régler cette crise définitivement. Malheureusement, sans aucune raison que je connaisse, vous avez boycotté cette cérémonie alors que nous touchions presque au but », a regretté le président congolais.

Malgré cette déception, Tshisekedi s’est dit prêt à rouvrir le dialogue, lançant un appel direct à Paul Kagame pour une « paix des braves » :

« Il n’est pas trop tard pour bien faire. Je vous tends la main, monsieur le président, pour que nous mettions fin à cette escalade qui a déjà coûté des millions de vies. L’histoire nous jugera. »

Le chef de l’État congolais a par ailleurs indiqué qu’il suspendait temporairement son appel à des sanctions contre Kigali, dans l’attente d’un geste d’apaisement de son homologue rwandais :

« Je préfère retarder mon appel à des sanctions contre le Rwanda pour l’instant, jusqu’à ce que le président Kagame réponde à ma demande », a-t-il précisé.

Pour Félix Tshisekedi, la paix et le développement dans la région des Grands Lacs passent par la fin du soutien présumé du Rwanda au M23, un mouvement rebelle actif dans l’est de la RDC :

« Je vous demande d’ordonner aux troupes du M23, soutenues par votre pays, d’arrêter cette escalade. Il est temps d’en finir et de tourner nos efforts vers la paix et le développement », a-t-il insisté.

Son message, lancé devant un parterre de dirigeants européens, africains et représentants d’organisations internationales, a été perçu comme un appel courageux au dialogue direct, dans une région marquée par des décennies de méfiance et de violences.

Jolga Luvundisakio