27 juillet 2026

Kinshasa, 15 juillet 2026 – La République démocratique du Congo a célébré, ce mercredi 15 juillet, à Sultani River, dans la commune de Ngaliema, la première Journée nationale des compétences, de l’employabilité et de l’entrepreneuriat des jeunes, organisée à l’occasion de la 11ᵉ Journée mondiale des compétences des jeunes. Cette première édition, qui a mis en lumière les réformes engagées par le ministère de la Formation professionnelle, a également permis à l’Office national de l’emploi (ONEM) de réaffirmer son rôle central dans l’insertion professionnelle des jeunes Congolais.

Placée sous le thème international « Des compétences pour un avenir partagé », avec pour thème national « Professionnaliser les métiers, bâtir l’avenir » et le slogan « Former, Innover, Insérer », cette célébration marque le début de l’institutionnalisation d’un rendez-vous annuel consacré à la promotion des compétences, de l’employabilité et de l’entrepreneuriat des jeunes.

Prenant la parole au nom de l’ONEM, son Directeur Général, Me Fanon Beya Ngombe, a rappelé que le développement des compétences ne prend tout son sens que lorsqu’il débouche sur un emploi ou une activité génératrice de revenus.

« La formation professionnelle ne constitue pas une finalité en soi. Son véritable aboutissement est l’accès à un emploi décent, à un emploi productif ou à une activité génératrice de revenus. Former sans accompagner vers l’emploi reviendrait à interrompre la chaîne de valeur du développement du capital humain », a-t-il déclaré.

L’ONEM, « la maison de l’emploi des Congolais »

Dans son intervention, le directeur général a présenté l’ONEM comme « la maison de l’emploi des Congolais », appelée à jouer pleinement son rôle d’interface entre les personnes formées et les entreprises à la recherche de compétences.

Selon lui, la mission de cet établissement public est de transformer les qualifications acquises dans les centres de formation en véritables opportunités d’insertion professionnelle.

Cette vision s’inscrit dans la stratégie du Gouvernement visant à réduire le chômage des jeunes tout en améliorant l’adéquation entre les formations dispensées et les besoins réels du marché de l’emploi.

MIKUBA, le nouvel outil numérique de l’emploi

Le directeur général est également revenu sur le lancement officiel, le 9 juillet 2026, de la plateforme numérique nationale de gestion du marché de l’emploi et de son application mobile dénommée MIKUBA, initiées par le ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Hassan Bamassamba.

Pour l’ONEM, cette plateforme constitue une avancée majeure dans la modernisation des services publics de l’emploi.

Elle permettra notamment :

  • l’enregistrement numérique des demandeurs d’emploi ;
  • la centralisation et la gestion des offres d’emploi transmises par les entreprises ;
  • le profilage et l’orientation professionnelle des candidats ;
  • le rapprochement entre les compétences disponibles et les besoins des employeurs ;
  • le suivi des parcours d’insertion professionnelle.

Me Fanon Beya Ngombe a souligné que cet outil s’inscrit dans la mise en œuvre de l’engagement du Président de la République de créer 6,4 millions d’emplois à l’horizon 2028.

« L’atteinte de cet objectif exige une mobilisation de tous les acteurs intervenant dans la chaîne du développement des compétences et de l’emploi », a-t-il insisté.

Une base nationale des compétences certifiées

L’un des temps forts de cette journée a été la remise officielle à l’ONEM de la base de données consolidée des compétences certifiées par le ministère de la Formation professionnelle.

Cette base permettra à l’Office national de l’emploi d’intégrer automatiquement les jeunes diplômés dans sa plateforme numérique afin de faciliter leur insertion sur le marché du travail.

Selon le directeur général, ces jeunes bénéficieront d’un accompagnement complet comprenant leur enregistrement dans la plateforme nationale, l’évaluation et la valorisation de leurs compétences, leur orientation professionnelle, leur mise en relation avec les entreprises ainsi qu’un suivi personnalisé jusqu’à leur insertion.

Pour l’ONEM, cette démarche permettra de constituer une véritable base nationale des compétences disponibles, de mieux répondre aux besoins des entreprises et d’accélérer l’insertion professionnelle des jeunes formés.

Un partenariat renforcé avec le ministère de la Formation professionnelle

Le directeur général a plaidé pour un renforcement de la collaboration entre les établissements de formation professionnelle et l’ONEM.

« Le ministère de la Formation professionnelle prépare les compétences. L’ONEM facilite leur insertion sur le marché du travail en fonction des offres que nous recevons des entreprises », a-t-il expliqué.

Il a invité les établissements de formation, les centres de métiers, les partenaires techniques et financiers ainsi que les entreprises à renforcer leur collaboration avec l’Office afin que chaque jeune formé puisse bénéficier d’un accompagnement vers un emploi ou une opportunité professionnelle.

Une célébration appelée à s’inscrire dans la durée

Organisée par le ministère de la Formation professionnelle, en collaboration avec le ministère de l’Emploi et du Travail, l’ONEM, le Fonds de promotion de l’éducation et de la formation (FPEF) et plusieurs partenaires, dont Enabel, cette première édition marque le lancement du processus d’institutionnalisation de la Journée nationale des compétences, de l’employabilité et de l’entrepreneuriat des jeunes.

À travers cette initiative, le Gouvernement entend faire de la formation professionnelle un véritable levier de développement du capital humain, de création d’emplois et de transformation économique de la République démocratique du Congo.

Pour l’ONEM, cette célébration constitue surtout l’occasion de rappeler que les compétences acquises par les jeunes ne prennent toute leur valeur que lorsqu’elles débouchent sur un emploi durable, conformément à sa mission de rapprocher les talents congolais des opportunités offertes par le marché du travail.

Jolga Luvundisakio