8 février 2026

La crise qui secoue la Fédération de Karaté-Do du Congo (FEKACO) connaît un tournant décisif. Contrairement à certaines affirmations persistantes, Freddy L’A Kombo n’est plus reconnu comme président de la FEKACO, aussi bien par ses pairs que par les autorités nationales compétentes.

Dans une correspondance officielle datée du 28 décembre 2025, adressée au Ministre des Sports et Loisirs, l’Union des Fédérations Africaines de Karaté (UFAK) fait état d’une situation institutionnelle préoccupante au sein de la FEKACO. L’organisation continentale y relève la coexistence de deux camps rivaux et appelle l’État congolais, en collaboration avec le Comité National Olympique Congolais (CNO-RDC), à trancher définitivement cette crise.

Selon l’UFAK, cette instabilité a déjà eu des conséquences notables sur la participation de la RDC à plusieurs activités internationales majeures. Lors de la formation des Guardian Girls organisée par la World Karate Federation (WKF) à Harare, au Zimbabwe, ainsi que lors des Jeux Africains de la Jeunesse à Luanda, en Angola, deux délégations congolaises distinctes se sont présentées, illustrant le désordre institutionnel qui règne actuellement au sein de la fédération nationale.

Face à cette situation jugée préjudiciable aux athlètes congolais, l’UFAK n’exclut pas la tenue d’une Assemblée Générale Élective, qui devrait être convoquée et supervisée par le Ministère des Sports, afin de mettre en place un Bureau exécutif officiellement reconnu par l’État et conforme aux normes statutaires.

Sur le plan national, la position des autorités est sans équivoque. Freddy L’A Kombo a été radié de ses fonctions de président de la FEKACO à l’issue d’une Assemblée Générale organisée par les membres de la fédération. Cette décision a ensuite été officiellement entérinée par le Ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu Ntubuanga, lui conférant une valeur administrative et juridique.

Cette radiation s’inscrit dans la continuité des mesures prises par le ministère. En effet, le 26 août 2025, le ministre avait déjà interdit formellement à Freddy L’A Kombo d’accéder aux installations sportives, de représenter la FEKACO et de prendre part à toute activité sportive sur le territoire national.

Selon le ministère, cette décision faisait suite à un « comportement répréhensible » adopté par l’ancien président de la FEKACO lors de la réception officielle du 9 août 2025 à la Présidence de la République, en présence du Chef de l’État. Cet épisode a constitué un point de rupture entre l’intéressé et les autorités sportives nationales.

Aujourd’hui, l’enjeu dépasse les querelles de leadership. Il s’agit, pour les autorités sportives et les instances du karaté, de préserver les intérêts des athlètes congolais, de garantir leur participation aux compétitions continentales et internationales, et de restaurer la crédibilité institutionnelle de la FEKACO.

La balle est désormais dans le camp de l’État congolais, appelé à finaliser le processus de normalisation et à ouvrir un nouveau chapitre pour le karaté-do en République démocratique du Congo, placé sous le signe de la légalité, de la transparence et de la stabilité.

Jolga Luvundisakio