Il y a exactement vingt-cinq ans, jour pour jour, la République démocratique du Congo perdait son troisième président depuis l’accession à l’indépendance en 1960. Laurent-Désiré Kabila, dit M’zee, était sauvagement assassiné dans sa résidence officielle de Kinshasa, plongeant le pays dans une profonde stupeur.
Si, à ce jour, les principaux commanditaires de cet assassinat n’ont jamais été clairement identifiés, une certitude demeure : ce crime d’État illustre la convoitise persistante dont la RDC continue de faire l’objet, au cœur des appétits géopolitiques de certaines puissances.
Arrivé au pouvoir en 1997 avec l’appui de l’armée rwandaise après la chute du maréchal Mobutu, M’zee Laurent-Désiré Kabila opère rapidement un virage décisif.
Il se retourne contre les forces étrangères et affirme sa volonté de rendre le Congo aux Congolais, dans un élan souverainiste assumé.
Cette posture plonge alors la RDC dans une relative isolation internationale. Mais la détermination de M’zee reste intacte.
Sur le plan interne, il met en place plusieurs mesures destinées à préserver le quotidien des citoyens et à renforcer l’autorité de l’État. Face à ce qu’il considérait comme un complot international, le pays est de nouveau entraîné dans la guerre, agressé par ses voisins, notamment le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.
La RDC doit son salut à l’intervention militaire de ses alliés, en particulier l’Angola, le Zimbabwe et la Namibie.
Toutefois, les lourdes conséquences de ce conflit laisseront des séquelles durables sur la nation congolaise.
Le 16 janvier 2001, alors qu’il se trouve dans sa résidence, le chef de l’État est mortellement atteint par des tirs provenant de l’un de ses gardes rapprochés, lui-même abattu dans la foulée. L’événement secoue profondément le pays.Sous le choc, la population prend conscience de l’ampleur du complot.
Beaucoup se remémorent alors cette phrase devenue emblématique de M’zee : « Prenez-vous en charge », un appel à la responsabilité collective et à la prise de conscience nationale, convaincu que personne ne défendra mieux le Congo que les Congolais eux-mêmes.
Vingt-cinq ans plus tard, les velléités nuisibles contre la RDC demeurent. La persistance de la guerre dans l’Est du pays en est la preuve la plus éloquente.
Certes, des avancées significatives ont été enregistrées, notamment avec la signature, pour la première fois, d’un accord de paix direct avec le Rwanda. Mais de nombreux défis subsistent, et l’objectif d’une pacification intégrale et durable du territoire reste à atteindre.
À ce stade, il revient à chaque Congolais de jouer pleinement son rôle afin de pérenniser l’héritage de M’zee Laurent-Désiré Kabila, résumé dans ce principe fondamental :« Ne jamais trahir le Congo. »
Dan Bonganga
