Le ministère de la Défense nationale a suspendu, jusqu’à nouvel ordre, toutes les autorisations de sortie du territoire accordées aux officiers généraux et supérieurs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Cette décision intervient au lendemain d’une réunion du Conseil supérieur de la défense présidée par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Dans une correspondance datée du jeudi 15 octobre 2026, le vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a instruit le chef d’état-major général des FARDC de suspendre toutes les autorisations de sortie du territoire délivrées aux officiers généraux et supérieurs de l’armée.
La directive précise que cette mesure reste en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Les autorisations déjà accordées, mais dont les bénéficiaires ne sont pas encore partis, sont également déclarées caduques.
L’instruction intervient au lendemain de la réunion du Conseil supérieur de la défense, tenue le mercredi 14 octobre à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, sous la présidence du commandant suprême des FARDC, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Le ministère demande aux services concernés de veiller à l’application stricte de cette décision. La correspondance a notamment été communiquée à plusieurs responsables politiques, militaires et sécuritaires, dont l’inspecteur général des FARDC, le chef de la Maison militaire du président de la République ainsi que les services compétents en matière de migration et de renseignement.
Si la correspondance ne précise pas les motifs exacts de cette mesure, sa portée générale et son application immédiate témoignent de la volonté des autorités de maintenir les principaux responsables militaires disponibles sur le territoire national.
Un contrôle renforcé du haut commandement militaire
Sur le plan institutionnel, cette décision peut être interprétée comme une mesure visant à renforcer le contrôle de la chaîne de commandement militaire par les autorités centrales. Le maintien des officiers généraux et supérieurs sur le territoire national pourrait faciliter leur mobilisation rapide et la coordination des décisions relatives à la défense et à la sécurité du pays.
Sur le plan sécuritaire, cette disposition s’inscrit dans un contexte marqué par des défis persistants dans plusieurs régions de la RDC. Elle permet aux autorités de conserver les principaux responsables militaires à proximité des centres de décision, sans que les raisons précises de cette mesure aient été officiellement détaillées dans la correspondance.
Cette décision intervient également quelques jours après l’annonce de la création du mouvement politico-militaire Front pour la refondation de la nation (FRN), associé à l’ancien président de la République, Joseph Kabila. Toutefois, aucun lien direct entre la création de ce mouvement et la suspension des autorisations de sortie du territoire n’est établi dans la correspondance ministérielle.
Assiyah Tshamunyongue
