29 août 2026

Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a lancé à Muanda, dans le Kongo-Central, le deuxième acte de sa « Caravane infrastructurelle ». Après une première tournée de près de 2 900 kilomètres à travers plusieurs provinces du pays, le ministre entend désormais s’attaquer à l’un des axes stratégiques de la façade ouest : la liaison Muanda-Kinshasa.

Accompagné notamment du secrétaire général aux Infrastructures et Travaux publics, Georges Koshi, John Banza Lunda a inspecté plusieurs chantiers, avec une attention particulière portée à la route Muanda-Yema, conçue en 2×2 voies.

Pour le ministre, la modernisation de cet axe constitue une étape importante dans la mise en place d’un corridor routier reliant la côte atlantique au centre et au sud-est de la République démocratique du Congo.

« Lorsque l’on aura relié Banana à Kinshasa, on aura relié tout le corridor de Banana-Sakania. D’ici une année et demie, il sera possible de prendre une petite voiture à partir de Muanda et de traverser Matadi, Kinshasa, Kikwit, Tshikapa, Mbujimayi jusqu’à Sakania », a déclaré John Banza Lunda.

La route Muanda-Yema au cœur du projet

Supervisée techniquement par l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), la route Muanda-Yema dépasse le cadre d’une simple voirie provinciale. Elle doit notamment contribuer au désenclavement de Muanda et faciliter la connexion avec le futur port en eaux profondes de Banana.

L’axe revêt également une dimension sous-régionale. Yema constitue un point stratégique vers Cabinda, en Angola, qui entretient lui-même des connexions avec Pointe-Noire, en République du Congo. Ces deux villes disposent d’importantes infrastructures portuaires.

La modernisation de la route Muanda-Yema pourrait ainsi renforcer les connexions entre les façades portuaires de Banana, Cabinda et Pointe-Noire, tout en améliorant la circulation des personnes et des marchandises dans cette partie de l’Afrique centrale.

Des travaux confrontés à plusieurs obstacles

Le chantier affiche actuellement un taux d’exécution estimé à 60 %. Selon le directeur général de l’ACGT, Nico Nzau Nzau, plusieurs contraintes ralentissent l’avancement des travaux.

L’emprise de la route est notamment occupée par des réseaux existants, dont des pipelines pétroliers exploités par Perenco et des câbles de fibre optique. Le chantier doit également faire face à l’érosion côtière, nécessitant la construction de murs de soutènement en béton.

Ces difficultés prennent une importance particulière avec l’avancement du projet du port de Banana, considéré comme l’un des projets structurants de la façade atlantique congolaise. La première phase du port, opérée par DP World, est annoncée pour mars 2027, avec une capacité initiale de 350 000 conteneurs par an, un quai de 600 mètres et un tirant d’eau de 18 mètres.

Le gouvernement veut lever les blocages avant fin septembre

Face aux contraintes identifiées, le ministère des Infrastructures et Travaux publics entend accélérer les procédures. Un arbitrage gouvernemental doit être organisé à Kinshasa dans les prochains jours, avec la participation notamment du ministère de l’Urbanisme et Habitat, de l’Office des Routes, du Bureau technique de contrôle (BTC) et des autorités provinciales.

L’objectif affiché est de régler les différents problèmes domaniaux et administratifs avant la fin du mois de septembre, afin de libérer complètement l’emprise du projet et permettre la poursuite des travaux dans les délais prévus.

À travers cette deuxième étape de sa « Caravane infrastructurelle », John Banza Lunda entend ainsi donner un coup d’accélérateur au désenclavement du Kongo-Central et à la connexion de Muanda au reste du pays. L’enjeu dépasse toutefois la seule mobilité locale : il s’agit de faire de cet axe un maillon essentiel du futur corridor Banana-Kinshasa-Sakania et, plus largement, de renforcer la position de la RDC dans les échanges régionaux.

La rédaction