10 juin 2026

Le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a instruit les gouverneurs de provinces de mettre en œuvre, sans délai, son arrêté du samedi 19 avril 2025 suspendant les activités du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), formation politique dirigée par l’ancien président et sénateur à vie Joseph Kabila Kabange. Cette instruction a été transmise par télégramme officiel ce mardi 21 avril.

La décision intervient dans un contexte de fortes accusations du gouvernement, qui soupçonne des liens entre Joseph Kabila et la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda.

« Cette mesure fait suite à l’activisme avéré de l’autorité morale du PPRD dans cette guerre d’agression rwandaise ainsi qu’au silence coupable, voire complice, dudit parti. Cela constitue une violation de l’article 6 de la loi précitée et de l’article 5 de la loi sur le statut des anciens présidents de la République élus », précise le communiqué du ministre.

Jacquemain Shabani a également annoncé son intention de saisir la Cour constitutionnelle pour que les faits soient examinés par la plus haute juridiction du pays.

Il reproche à Joseph Kabila son absence de condamnation publique face à l’occupation d’une partie du territoire national par le M23 et l’armée rwandaise, ainsi que son retour au pays par la ville de Goma, actuellement sous contrôle rebelle, où sa sécurité serait assurée par les forces d’occupation.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement Tshisekedi affirme l’existence de complicités entre l’ancien chef de l’État et le M23. Dans le même élan, le ministre de la Justice, Constant Mutamba, a ordonné l’ouverture d’une instruction judiciaire à l’encontre de Joseph Kabila, à la suite d’allégations sur sa présence présumée à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.

Assiyah