10 février 2026

Kinshasa, 6 août 2025 – Coup de théâtre à la Cour de cassation dans le procès de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba. L’audience prévue ce mercredi pour l’audition des témoins a été suspendue, après le retrait volontaire de deux magistrats visés par une demande de récusation introduite la veille par le prévenu.

Dès l’ouverture de la séance, le président de la composition a annoncé que le juge Justin Kibamba Moket avait choisi de se déporter du dossier, se conformant ainsi à la requête de récusation. Dans une note adressée au Premier Président, il a expliqué :

« Je n’ai aucun intérêt à m’accrocher à ce dossier, et par élégance, je préfère me déporter, sous réserve de l’acceptation de Monsieur le Premier Président. »

Le deuxième magistrat concerné, Thomas Otshudi Wongodi, a opté pour une déclaration orale marquée par un ton solennel :

« Je vous prie d’acter, Monsieur le greffier, mon déport dans la cause RP 22/CR. Je le fais non pas par faiblesse mais par honneur et par dignité, non par crainte mais par fidélité aux règles éthiques et déontologiques qui régissent ma profession de magistrat et qui donnent à la justice des hommes sa légitimité. »

Les motifs de la récusation

Le 5 août, Constant Mutamba avait saisi la Cour de cassation pour demander la récusation de ces deux magistrats. Dans sa correspondance au greffier en chef, il évoquait « l’inimitié » que lui porteraient certains juges, liée selon lui aux réformes qu’il avait initiées lorsqu’il était ministre. Il affirmait également avoir subi des tentatives de sabotage durant son passage au gouvernement.

Le prévenu dénonçait par ailleurs plusieurs « manquements » dans la conduite de son procès : rejet systématique de ses exceptions, refus de transmettre une question à la Cour constitutionnelle, menaces supposées émanant d’un magistrat, et limitation de son temps de parole au profit du Ministère public. Autant d’éléments qui, selon lui, traduiraient « une volonté de le condamner à tout prix ».

Une procédure suspendue

Ce double retrait marque un nouveau rebondissement dans ce dossier hautement médiatisé. La Cour devra désormais désigner de nouveaux magistrats pour poursuivre l’examen de l’affaire, ce qui pourrait retarder le calendrier initial du procès.