10 février 2026

Le Championnat d’Afrique des nations (Chan) approche à grands pas. Prévue du 02 au 30 août 2025 et co-organisée par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, cette 8è édition réunira les meilleures sélections nationales locales du continent. Mais à quelques semaines de la compétition, la République démocratique du Congo ( RDC) semble encore une fois s’engager sur un terrain glissant. Et la question brûle les lèvres : va-t-on répéter les mêmes erreurs du passé ?

Silence radio en pleine urgence

Le mois de juillet s’ étend rapidement, mais aucun signal fort n’est émis par les instances sportives congolaises. Aucune voix officielle ne s’est levée pour rassurer l’opinion sur les préparatifs des Léopards A’, pourtant attendus à cette compétition. Dans l’ombre, le sélectionneur Otis Ngoma tente tant bien que mal de maintenir une dynamique de travail. Mais sans accompagnement concret de l’État, ni stage programmé à ce jour, ses efforts risquent de rester sans suite.

Pendant ce temps, les autres nations engagées affûtent déjà leurs armes. Le Congo Brazzaville, la Zambie, la Mauritanie, le Sénégal, le Burkina Faso, pour ne citer que ceux-là, ont tous lancé leurs stages de préparation, certains depuis une semaine, d’autres depuis deux. Une avance significative, qui pourrait peser lourd dans la balance au moment de livrer bataille.

L’histoire se répète, les leçons ignorées

Une bonne préparation est la clé d’une performance réussie. C’est d’ailleurs l’un des objectifs des fenêtres Fédération africaine de football association (Fifa). Cependant en RDC un pays où la religion est l’opium du peuple, l’on continue de miser sur le miracle. Les exemples d’échecs récents ne manquent pourtant pas. Dernier en date : la lourde défaite des Léopards dames (0-4) face au Sénégal en ouverture de la Coupe d’Afrique des nations ( Can) féminine. Une humiliation qui illustre tristement ce qu’il en coûte de ne pas préparer sérieusement ses équipes.

Préparer une sélection, c’est prendre le temps d’évaluer, de tester, de construire une cohésion et de définir une identité de jeu. Sans cela, difficile de tenir face à des nations mieux structurées et mieux préparées.

Un groupe A redoutable pour les Léopards

Le tirage au sort n’a pas été tendre avec la RDC. Logée dans le groupe A, elle devra se frotter à des adversaires coriaces : le Kenya, le Maroc, l’Angola et la Zambie. Des défis de taille qui exigent rigueur, organisation et intensité dans la préparation. Or, depuis les stages de novembre 2024 à Kinshasa et de janvier 2025 à Abou Dhabi aux Émirats arabes unis, aucune séance technique sérieuse n’a été organisée pour renforcer le groupe, celà suite aux desordres de la féderation.

Il devient donc impératif d’agir. Le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, est appelé à réagir dans l’urgence. Car espérer des résultats sans y mettre les moyens, c’est condamner les ambitions nationales à l’échec.

La Fédération congolaise de football association (Fecofa), actuellement dirigée par le Comité de normalisation (Conor) sous la houlette de Madame Belinda Luntadila Nzuzi, a désormais la lourde tâche de valider rapidement un programme de préparation digne de ce nom.

Un créneau reste exploitable : la période du 13 au 31 juillet 2025. Un stage intensif durant ces dates pourrait sauver les meubles, créer des automatismes et raviver l’espoir de voir la RDC reconquérir sa troisième étoile du Chan qui lui échappe depuis trois éditions.

En attendant la liste…

La publication de la liste officielle des présélectionnés, attendue ce mercredi 09 juillet, marquera un premier tournant. Elle devra être suivie immédiatement d’un plan de préparation clair, financé, et exécuté avec professionnalisme. Car le temps presse, et la marge d’erreur est désormais réduite à zéro.

La RDC doit choisir : persister dans l’improvisation ou enfin donner à ses Léopards A’ les moyens de leurs ambitions. L’histoire jugera.

Emerode Kamba