8 mars 2026

Jean-Marc Kabund, ancien numéro deux de l’Union pour la démocratie et le progrès social ( UDPS) et ex-premier vice-président de l’Assemblée nationale, a enfin quitté la prison le vendredi 21 février après plusieurs reports. Il a bénéficié d’une grâce présidentielle signée par Félix Tshisekedi en décembre dernier. Sa libération survient à un moment où le pays est plongé dans une crise sécuritaire à l’est, avec le groupe rebelle Alliance Fleuve Congo, Mouvement du 23 mars AFC/M23, soutenu par le Rwanda, qui occupe plusieurs localités, dont Goma et Bukavu.

Pourquoi maintenant ?

Kabund, ancien proche de Tshisekedi, avait été condamné à sept ans de prison en 2023 pour avoir critiqué la gestion du président. Sa libération soulève des questions. Pourquoi Tshisekedi décide-t-il de le gracier en pleine guerre et en pleine crise politique ?

Certains pensent que c’est une stratégie du président pour se renforcer politiquement. En libérant Kabund, le Chef de l’État chercherait à s’attirer un allié influent, capable de mobiliser des soutiens au sein de l’UDPS et ailleurs. Kabund, malgré ses problèmes avec la justice, reste une figure politique importante. Son retour pourrait aider le premier d’entre les Congolais à consolider son pouvoir, surtout dans un moment où il semble isolé face à la crise.

Une décision risquée?

Mais cette manœuvre n’est pas sans danger. Kabund a déjà critiqué Tshisekedi par le passé, et rien ne garantit qu’il deviendra un allié fidèle. Au contraire, il pourrait reprendre son rôle de critique virulent, ce qui affaiblirait encore plus Tshisekedi. De plus, cette grâce pourrait être vue comme un signe de faiblesse, montrant un président qui cherche désespérément des soutiens.

Enfin, la population congolaise, surtout à Kinshasa, attend des actions concrètes pour résoudre la crise dans l’est du pays. La libération de Kabund, même si elle fait parler, ne suffira pas à calmer les esprits si le Gouvernement ne prend pas des mesures fortes pour arrêter le M23 et stabiliser la région.

Et maintenant ?

La libération de Kabund s’avère politiquement importante, mais elle ne doit pas faire oublier les vrais défis : la guerre dans l’est, la crise humanitaire et le besoin de leadership. Si le président Tshisekedi espère gagner du temps ou des soutiens avec cette décision, il devra aussi agir rapidement pour répondre aux attentes des Congolais. La balle est dans son camp.

Aaron Kanku