15 octobre 2026

Kinshasa, 14 octobre 2026 – Vital Kamerhe hausse le ton face à Joseph Kabila. Le président honoraire de l’Assemblée nationale a vivement réagi à la prise de leadership de l’ancien chef de l’État au sein du Front pour la refondation de la nation (FRN), une plateforme politico-militaire annoncée le 12 octobre à Goma et comprenant notamment l’AFC/M23. Il dénonce une contradiction entre les discours de paix de son ancien homologue et son engagement dans cette nouvelle dynamique.

Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 14 octobre, Vital Kamerhe a remis en question la cohérence du discours de Joseph Kabila, notamment à la suite de sa sortie médiatique du 9 octobre, au cours de laquelle l’ancien président s’est exprimé sur la situation politique et sécuritaire du pays.

« On ne peut proposer la paix à notre peuple tout en recourant aux armes », a martelé Vital Kamerhe, estimant que les actes doivent être en accord avec les paroles.

S’adressant directement à Joseph Kabila, il a lancé : « Vous appelez à la paix dans vos discours. Vous appelez à la rébellion dans vos actes. Le peuple vous jugera sur vos actes. »

Pour le président honoraire de l’Assemblée nationale, les Congolais sont en droit d’obtenir des explications sur ce qu’il considère comme une contradiction entre les appels à la paix et l’implication dans une dynamique associée à la lutte armée.

Kamerhe renvoie Kabila à son bilan

Au-delà de la question sécuritaire, Vital Kamerhe a également invité l’ancien président de la République à assumer sa part de responsabilité dans l’histoire politique du pays. Il estime que les critiques formulées contre le président Félix Tshisekedi ne sauraient effacer le bilan de son propre mandat.

« On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur », a-t-il déclaré, avant d’insister sur la nécessité, pour chaque acteur politique, de reconnaître sa responsabilité dans les difficultés traversées par la République démocratique du Congo.

« Chacun de nous doit avoir la décence d’assumer sa part de responsabilité dans l’histoire tumultueuse que connaît notre pays. Et surtout, on ne répare pas le destin d’un pays en lui imposant une nouvelle aventure armée », a-t-il ajouté.

À travers cette prise de position, Vital Kamerhe s’oppose à toute tentative de règlement de la crise congolaise par les armes, privilégiant une approche fondée sur le dialogue politique et le respect des institutions.

Un soutien renouvelé à Félix Tshisekedi

Dans sa déclaration, Vital Kamerhe a réaffirmé son soutien au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’il présente comme son allié et partenaire politique.

« Je réaffirme mon soutien au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, mon allié et partenaire politique. Cette évolution conforte, à mes yeux, la justesse de ses mises en garde face à une menace qu’il avait identifiée », a-t-il souligné.

Il a également appelé au resserrement des rangs autour de la défense de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de l’ordre constitutionnel, dans un contexte marqué par les tensions sécuritaires persistantes dans l’est du pays.

Vital Kamerhe a, par ailleurs, exhorté les Congolaises et les Congolais, au-delà de leurs appartenances politiques, à privilégier une mobilisation pacifique et responsable.

« J’appelle les Congolaises et les Congolais au-delà de leurs appartenances politiques à une mobilisation pacifique et responsable pour refuser que les armes décident une fois encore de leur avenir », a-t-il déclaré.

Pour Kamerhe, le dialogue doit remplacer la lutte armée

Face au risque d’une nouvelle escalade de la violence, le responsable politique a plaidé pour le dialogue comme voie privilégiée de résolution des différends.

« À quoi bon prendre les armes pour finir autour de la table de la négociation, alors que le dialogue aurait pu permettre d’éviter tant de pertes en vies humaines ? », s’est-il interrogé, appelant les responsables des mouvements concernés à renoncer à leurs projets armés.

Pour Vital Kamerhe, la RDC doit impérativement rompre avec le cycle des rébellions, des conflits et des négociations successives qui ont marqué son histoire et causé de nombreuses pertes en vies humaines.

« Nous devons tous rejeter la rébellion comme mode d’accès au pouvoir. Nous devons mettre fin à ce cycle interminable de conflits suivis de dialogues, en espérant que celui que nous tiendrons sera le dernier et qu’il jettera véritablement les bases du développement de notre pays », a-t-il conclu.

Cette sortie de Vital Kamerhe intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement sensible, alors que l’annonce du Front pour la refondation de la nation, auquel est associé l’AFC/M23, ravive le débat sur les voies à privilégier pour parvenir à une paix durable en République démocratique du Congo.

La rédaction