Les jours se suivent et se ressemblent en RDC. Pas de feu, pour espérer voir la fumée qui devrait sortir de la cheminée annonçant le début des championnats : le championnat national d’élite avec ses Ligue I et Ligue II, en passant par la très régulière Entente provinciale de football de Kinshasa ( Epfkin) et autres ententes provinciales à travers la République, sans oublier les différentes Ententes urbaines de football qui se jouent sur le terrain sablonneux dit ” zelotique” Division I, II et III ainsi que les cercles.
Jusqu’ici rien de tel, entre temps les divers états majors des équipes ont depuis lors lancé des préparatifs intenses pour le début de la saison sportive 2026-2027.
Des préparations de début de saison marathon
Des dépenses logistiques et financières qui pèsent énormément sur la balance : kits, matériels pour les séances d’entraînement, l’eau pour les joueurs et le staff technique, argent de transport;
aussi des pourparlers pour les éventuels transferts et leur finalisation dans ce landerneau du football où la concurrence est rude comme dans la tanière des Léopards.
C’est la véritable épée de Damoclès sur la tête des dirigeants sportifs qui sont appelés à se battre comme le diable dans un bénitier.
“Une fois n’est pas coutume ” dit-on mais vu de la RDC, “la coutume commence par une” et s’érige en un système mieux à un faux système de jeu, un faux rythme, qui donne du fil à retordre aux dirigeants sportifs qui se démènent pour l’encadrement des jeunes et la survie du football.
La publication du calendrier de différents championnats n’est qu’à priori des faits d’annonce, des étincelles, tel un milieu de terrain qui délivre une passe dans le but tout simplement de se débarrasser du ballon, le fameux :” Longwa na ngambu” comment disent les Kinois.
Ce, en lieu et place de donner le ton dans l’organisation de jeu, créer des espaces en étant percutant pour que les attaquants puissent marquer.
À défaut que ce milieu de terrain loge lui-même le cuir au fond de filet, football moderne quand tu nous tiens !
Des calendriers insipides, tailles- patrons et dépourvus d’équité sportive
En effet, derrière cette publication du calendrier avec des programmations de matches qui suscitent une vive polémique, comme si les présidents des Ligues et entités ainsi que leur Comité exécutif étaient novices en la matière.
Pourtant ce sont de vieux routiers, l’opinion sportive se pose alors tant de questions.
À chaque saison, les mêmes réalités, ” les mêmes causes produisent les mêmes effets”, tel un déterminisme.
Des inquiétudes profondes sur des dates, les heures de matches. L’ on constate même des chronogrammes où une équipe qui joue à Kinshasa le samedi; la même équipe est censée jouer à Lubumbashi,le lendemain dimanche et vice-versa.
Ou encore un calendrier taillé sur mesure, taille patron favorisant un, deux ou trois cadors du championnat national en enchaînant des rencontres de la phase aller à l’extérieur
Conséquence directe :livrer une série de rencontres au retour chez elles, au détriment des autres loin de toute équité sportive.
Le comble des combles, c’est que certaines équipes sont privées d’accueillir leurs matches à domicile pour des raisons qui laissent à dormir debout.
Puis il s’en suit une autre publication du calendrier avec d’énormes modifications. Des reports en reports qui jouent en défaveur d’ athlètes qui devraient avoir la compétition dans les jambes et rivaliser avec les autres.
Le football national, un arsenal de talents
Le football congolais sur le plan national regorge plusieurs talents à même de batailler dur avec les bi-nationaux qui sont disséminés à travers l’ Europe.
Les exemples dans le passé et aujourd’hui sont légion : les Santos Muntubile, Eugène Kabongo, Mayele Ayel, Mbayo Sila, Lebeau Bakasu, Bijou Kisombe, Papy Kimoto, Marcel Mayala, Paulin Tokala, Emekaka Mamale, Biscotte Mbala, Gladys Bokese, Trésor Mputu, Matumona Zola, Patrick Ilongo Ngasanya, Blaise Lelo, Pascal Kalemba, Alain Kidiaba, Joël Kimwaki, Patou Kabangu, Djo Issama Mpeko, Enoch Inonga, Pamphile Mihayo, Chancel Mbemba, Meschak Elia, Fiston Mayele, Brian Cipenga, Edo Kayembe, Fabrice Ngoma, Firmin Mubele, Jackson Muleka, Siadi Baggio, Jules Ahoka, Faveurdi Bongeli, Oscar Kabwit, Nathan Ndibu pour ne citer que ceux-ci.
La sécurité dans les stades, la formation à la base, la construction des infrastructures
La formation des joueurs à la base, dans des académies, la promotion du football congolais, l’organisation, la logistique, une bonne politique avec les sponsors doivent être de mise.
Hormis, la sécurité dans les différents stades et terrains de football doit être assurée, la bonne prise en charge des arbitres, leur recyclage, la réhabilitation et la construction des infrastructures sportives dignes du grand Congo s’imposent avec urgence.
La planète football ne tourne pas que sur les Léopards A
Que le ministère des Sports et Loisirs soit à l’écoute des autres sélections nationales et par extension autres disciplines sportives.
Que la Fédération congolaise de football association ( Fecofa) ne se mue pas en Fédération congolaise de football A, c’est-à-dire avec une attention particulière que pour les Léopards A, les seniors sous la houlette du technicien français, Sébastien Desabre. Les fameux mondialistes.
En véritable père de famille, la Fecofa ne doit pas seulement se concentrer sur les A, il y a différentes catégories : les sélections nationales A’ ( Chan) du moins jusqu’ici, les U23, U20, U17, U15, les Personnes vivant avec handicap ( PVH) tant chez les hommes que chez les femmes.
Il y a également la Ligue nationale de football des jeunes ( Linafj) dirigée auparavant par le président Zephyr Kaninda d’heureuse mémoire et aujourd’hui par l’ancien international congolais, Trésor Lualua.
Suivre de près les équipes d’âge, des tournois scolaires. À titre de rappel, jadis l’ AS Dragon qui s’entraînait au stade Vélodrome recrutait également certains de ses joueurs dans les écoles des Frères des écoles chrétiennes ( Fec) et lasaliennes.
Avec en toile de fond, le célébrissime Collège Saint Georges, le Collège Frère Alingba dans la commune de Kintambo et l’ Institut professionnel de la Gombe ( IPG) dans l’ex-Kalina.
La question que l’on se pose: ” Pour qui sonne le glas”. Revisiter ce roman de l’écrivain américain, Ernest Hemingway, prix Nobel de littérature en 1954 tombe à pic pour le football congolais.
Vivement des projets structurants
Ceux qui ont la charge du football au pays sont appelés à repenser le ballon rond dans les grandes villes du pays et dans le Congo profond. Vivement des projets structurants à matérialiser à court, moyen et long terme.
“L’ heure ” a sonné pour que les différentes “aires ” de la RDC hument un nouvel “air ” à” l’ère” du vertébré Veron Mosengo, le nouveau président de la Fecofa, de surcroît ancien Secrétaire général de la Confédération africaine de football ( Caf).
Le temps de discours pompeux appartient au “passé non pas simple ” mais “composé”, place à la matérialisation des projets à “l’indicatif présent” pour le développement du football congolais.
Les Congolais d’un “certain âge” et d’ “un âge certain” n’ont plus besoin de se nourrir que des discours et des promesses chimériques. Il faudrait tordre le cou aux ” Djalelo” vu du tube digestif, la politique du ventre, des intérêts égoïstes.
Halte à ce jeu où l’on se donne que des passes par derrière dans son propre camp. Il est temps de se projeter en avant, de construire le jeu et marquer pour faire la différence que ses prédécesseurs.
Face à ces faits sur fond des concrétisations de projets structurants, les amoureux du football congolais ne seront pas obligés de recourir à l’ Arbitrage par assistance vidéo (Var).
Ce, en vue de valider les buts de diverses actions conclues concernant le développement du football au pays de la légende vivante, Ndaye Mulamba, du haut de ses 9 buts en une Can depuis 1974.
Le bras du chef, c’est la vie de ses enfants
Avec leurs propres yeux, les fans inconditionnels et très exigeants vont voir, applaudir, faire la hola, danser la fameuse ” fimbu chicotte”, comme c’était le cas récemment contre le Nzalang Nacional de la Guinée équatoriale (2-0) à Kinshasa et face aux Warriors du Zimbabwe (2-1) à Harare.
Rencontre comptant pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (Can) Kenya, Ouganda Tanzanie 2027.
Un proverbe africain stipule : ” Le bras du chef, c’est la vie de ses enfants ” avec pour leçon morale ” Si tu es responsable, chef ou père de famille, donne le nécessaire à ceux-là qui dépendent de toi”.
Vivement les “Salamuni Amani” entre les dirigeants congolais et des dizaines de milliers de ses supporters, sur fond de message de fraternité, “paix” loin de toute “épée”, la hache de guerre.
“Il y a un temps pour tout sous le soleil” dixit Ecclésiaste, il est temps maintenant pour sortir le “morose” football congolais
dans son lit de mort.
Qu’en ce 1er octobre, le sport roi au Congo soit bien “palper du doigt ” en son “sein” par les dirigeants congolais pour éviter tout “cancer”. Que vive le football en RDC, que vive ” l’octobre rose”.
Nesta KGB
