16 janvier 2026

Domicile familial incendié, parents forcés à l’exil et frères et soeurs vivant en clandestinité, le jeune Michaël Kutuka, militant au sein du parti politique Union pour Nation Congolaise (UNC), avait eu la vie sauve en juin 2016 grâce à l’obtention de son visa pour étudiant étranger (F1) et surtout à l’aide de ses deux camarades qui l’avaient aidé à quitter la République démocratique du Congo pour rejoindre les États-Unis d’Amérique. Cinq ans et cinq mois après son départ du pays, la jeunesse du parti cher à Vital Kamerhe où lui et l’ensemble de sa famille ont œuvré depuis sa création en 2010, se souvient de lui ce 26 novembre 2021 et lui déconseille vivement de ne pas envisager son retour dans son pays d’origine.

En effet, réunis à l’hôtel Mushimi, dans la commune de Kinshasa, pour réfléchir sur la situation politique et sécuritaire en République démocratique du Congo, plus d’une année après la condamnation de leur leader, les jeunes de l’Union pour Nation Congolaise (UNC) ont noté que malgré le combat qu’ils ont mené aux côtés de l’UDPS, le parti au pouvoir, et la promesse faite par l’actuel Chef de l’État de fermer les cachots extrajudiciaires, les vieilles pratiques anti-démocratiques ont refait surface. Opposés à la condamnation du président de leur formation politique dans l’affaire dite “100 jours*, ils dénoncent l’instrumentalisation de la justice.

“Nous nous sommes battus pour l’instauration d’un État de droit. Malheureusement, ceux qui l’ont souhaité hier, crachent sur ce combat en utilisant la justice pour régler des comptes politiques. Nous ne le dirons jamais assez : le président Vital Kamerhe est un prisonnier politique. Rien n’a prouvé sa culpabilité. Nous avons profité de cette opportunité pour demander à notre camarade Michaël Kutuka, parti du pays dans un climat pareil à celui-ci, de ne pas envisager son retour au pays malgré tout l’attachement qu’il lui porte. Nous espérons que cette alerte va lui arriver par la voie des médias. Nous avons tous, au départ, cru que le changement intervenu à la tête des services de sécurité apporterait un vent nouveau. Mais hélas, les agents continuent à traquer ceux qui les ont dénoncés à l’époque de Kabila. L’habitation de notre camarade est réduite en cendres. Les services de sécurité et de renseignement sont toujours à la trousse de ses frères restés au pays. Il est clair que c’est le régime qui a changé et non le système et surtout qu’il s’agit des mêmes agents”, a confié Jacques Ndarabu, chef de département au comité national de la jeunesse de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), chargé de la réforme et la bonne gouvernance.

Né à Kinshasa, le 29 août 1995, Michaël Kutuka avait pris part active aux mouvements des contestations organisées en République démocratique du Congo en 2015 pour empêcher Joseph Kabila, fin deuxième mandat, de briguer un troisième par la voie de l’article 220 de la constitution, du reste, verrouillé par le législateur. Ces manifestations étaient réprimées à sang par le régime Kabila. Le jeune militant UNC en porte encore des stigmates, a révélé ce cadre du parti.