Au cours d’une cérémonie solennelle organisée ce lundi 31 mars 2025 au Centre culturel international de Kinshasa, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a donné le coup d’envoi des travaux de la table ronde pour l’appropriation du génocide à des fins économiques (GENOCOST), organisée par la CIA-VAR et le FONAREV.
Avec pour thème : “Engageons-nous à l’appropriation du GENOCOST et à la reconnaissance internationale du génocide congolais, pour la promotion de la culture de paix”.
Engagé dans la reconnaissance mémorielle de ce génocide économique longtemps oublié, le couple présidentiel de la République Démocratique du Congo (RDC) a fait le déplacement du Centre culturel international de Kinshasa pour la circonstance.
Prenant la parole, le Chef de l’État a rappelé que le 2 août 2023, une commémoration nationale a été organisée pour honorer les 10 millions de victimes des violences et des atrocités commises au cours des dernières décennies, sous l’impulsion de puissances régionales cherchant à exploiter les ressources naturelles du pays.
Il a souligné que l’événement visait à promouvoir une culture de paix et à sensibiliser le public aux actes génocidaires subis par les communautés congolaises.

“Un appel à la mémoire collective et à la reconnaissance de ces tragédies s’est fait entendre, parallèlement aux violences persistantes et aux menaces territoriales auxquelles le pays est confronté. L’indifférence passée de la communauté internationale est remise en question par la reconnaissance croissante des atrocités par plusieurs pays, ce qui a conduit à des sanctions contre les responsables rwandais impliqués”, a déclaré le Président de la République.
Il a également annoncé la création prochaine d’un groupe interdisciplinaire d’experts chargé d’évaluer l’impact de ces crimes de masse, en se concentrant plus particulièrement sur le génocide en RDC.
Madame la Ministre des Droits Humains a, quant à elle, souligné l’urgence de la crise des droits humains à laquelle la République Démocratique du Congo est confrontée. Elle a mis en avant les luttes pour la dignité et l’égalité qui se poursuivent, saluant les efforts du gouvernement tout en dénonçant les atrocités, les violences et le déni d’humanité dont souffre le peuple congolais. Elle a mis en lumière les luttes historiques de la RDC pour l’indépendance et la paix, ainsi que le cycle perpétuel de violence qui affecte les citoyens du pays.

Pour le Directeur Général du FONAREV, Me Patrick Fata Makunga, cette table ronde met en avant la nécessité de reconnaître et de s’approprier collectivement le génocide commis en République Démocratique du Congo, qui a causé d’innombrables souffrances humaines et violations des droits. Il a souligné l’importance de la mémoire, de la vérité et de la justice, tout en appelant à une mobilisation collective de divers acteurs de la société pour construire une culture de paix. Il a rendu hommage à l’engagement du gouvernement et du parlement congolais dans cette lutte pour la reconnaissance et la réparation, et a appelé à des réflexions et témoignages pour un avenir meilleur pour la nation.
De son côté, le Directeur Général de la CIA-VAR, François Kakese, a souligné que cette journée doit servir d’occasion pour sensibiliser le peuple congolais à l’histoire tragique du pays et à la nécessité d’une appropriation collective du Genocost. La table ronde prévue pour 2024 vise à favoriser un dialogue sur la reconnaissance internationale du génocide, la justice transitionnelle et la promotion de la culture de la paix. “Il est crucial de travailler ensemble pour construire un narratif solide et un plaidoyer efficace sur ces enjeux, en impliquant toutes les générations et en utilisant divers axes tels que l’éducation, la culture et la communication”, a-t-il évoqué.
Pour la CIA-VAR et le FONAREV, il est temps pour les filles et fils du Congo de se rassembler autour d’une même table afin d’œuvrer à la reconnaissance du génocide congolais. Ensemble, faisons entendre notre histoire et bâtissons un avenir fondé sur la vérité, la justice et la paix.
Le slogan de cette table ronde reste : “Ne pas oublier. Ne jamais répéter. Commencer à guérir.”
Jolga Luvundisakio
